À l’approche de l’élection présidentielle française de 2027, la relation entre la France et l’Afrique apparaît comme un enjeu important, même si elle reste moins présente dans le débat électoral que les questions économiques, sociales ou européennes. Les différents candidats défendent des approches distinctes sur la souveraineté des États africains, la coopération économique, la sécurité, l’aide au développement, les migrations et la Francophonie. Plusieurs propositions étant encore en cours d’élaboration, toute comparaison doit s’appuyer sur les déclarations et programmes actuellement disponibles.

Du côté de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise, la question africaine s’inscrit principalement dans une critique des anciennes relations de dépendance et dans la volonté de renforcer la souveraineté des États africains. LFI défend notamment une conception de la Francophonie fondée sur le partage des savoirs, l’éducation, la culture et le plurilinguisme. Cette approche met l’accent sur une relation débarrassée des rapports de domination historiques et sur le rôle des peuples africains dans la définition de leurs propres choix.

Marine Le Pen défend, pour sa part, une relation avec l’Afrique articulée autour de la souveraineté nationale et des intérêts français. Dans ses propositions, elle affirme vouloir rompre avec la « Françafrique » et établir des relations fondées sur le respect des souverainetés africaines. Cette approche est également associée à une volonté de réduire les flux migratoires vers la France et de renforcer les investissements français en Afrique. Le Rassemblement national présente ainsi une vision dans laquelle coopération économique, contrôle migratoire et affirmation des souverainetés sont étroitement liés.

Raphaël Glucksmann, officiellement candidat depuis août 2026, inscrit davantage sa politique internationale dans la défense de la démocratie, des droits humains et du multilatéralisme européen. Son parcours comprend notamment des travaux consacrés au Rwanda et à l’Afrique. Toutefois, son programme présidentiel détaillé sur les relations franco-africaines reste encore à préciser. Il est donc possible d’identifier certaines orientations générales, mais il serait prématuré de lui attribuer une doctrine africaine complète et définitive.

Chez les candidats du centre et de la droite, notamment Édouard Philippe et Gabriel Attal, la politique étrangère met davantage l’accent sur la puissance française et européenne, la défense et la capacité de la France à agir dans un environnement international plus concurrentiel. Les documents programmatiques actuellement disponibles accordent toutefois encore relativement peu de place à une doctrine africaine détaillée. Cela constitue une différence avec les candidats ayant déjà formulé des propositions plus explicites sur la souveraineté africaine, la Francophonie ou l’évolution des relations héritées de la période postcoloniale.

Au-delà des clivages politiques, le débat sur l’avenir de la relation entre la France et l’Afrique pourrait ainsi se concentrer sur plusieurs enjeux concrets : le respect de la souveraineté des États africains, l’équilibre des échanges commerciaux, les investissements et les transferts de compétences, la coopération sécuritaire, la mobilité des personnes, l’éducation, la Francophonie et la capacité à prendre en compte les transformations politiques du continent.

À ce stade de la campagne, les candidats ne proposent pas tous le même équilibre entre ces priorités et certains n’ont pas encore arrêté une doctrine africaine complète. L’enjeu sera donc de comparer les engagements précis qui seront finalement inscrits dans les programmes de 2027, plutôt que de s’en tenir aux déclarations générales.

Claude Jovial Wendy