Les avocats de la victime, Dorcas Moya Mulema, ont vivement critiqué le jugement rendu dans l’affaire impliquant le docteur David Balanganayi, le qualifiant de décision « complaisante et inique », susceptible, selon eux, de banaliser les violences faites aux femmes en République démocratique du Congo.
Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 8 avril 2026, le coordonnateur du collectif d’avocats de la Lizadeel, constitué partie civile, a fustigé ce qu’il considère comme « une régression judiciaire », évoquant également des pressions exercées sur le tribunal avant le prononcé du verdict.
« Le jugement rendu dans ce dossier est injuste et ne reflète pas le droit. Condamner David Balanganayi à deux mois de prison avec sursis constitue une honte pour notre justice, alors que le ministère public avait requis dix ans de servitude pénale », a déclaré Me Lievin Gibangula.
Les avocats de la partie civile annoncent par ailleurs leur intention d’interjeter appel afin d’obtenir une condamnation qu’ils jugent « exemplaire et dissuasive ».
Selon eux, cette décision envoie un signal préoccupant d’impunité dans un contexte où l’opinion publique a été profondément choquée par les faits reprochés au praticien, accusé d’avoir exercé des violences sur sa patiente, allant jusqu’à diffuser des images portant atteinte à sa dignité.
« Le message que véhicule ce jugement est inacceptable. Il consacre l’impunité dans une société déjà fragilisée par les violences basées sur le genre et les atteintes au droit à la vie privée », a poursuivi Me Gibangula.
Le collectif d’avocats appelle également le ministère public à faire preuve de fermeté afin de garantir une réponse judiciaire « pédagogique et dissuasive », capable de prévenir toute récidive.
S’agissant des réparations civiles, la défense de la victime affirme qu’elle se battra pour que les dommages et intérêts réclamés soient effectivement versés à leur cliente, mineure au moment des faits, et que la responsabilité de l’État congolais, en tant qu’employeur du médecin, soit engagée.
Pour rappel, le tribunal de Kinkole, saisi à la suite d’une plainte déposée par l’Inspection provinciale de la santé, a condamné le Dr David Balanganayi à deux mois de servitude pénale avec sursis, assortis du paiement de 3 500 000 francs congolais à titre de dommages et intérêts.
Faustin Kalenga
Faustin kalenga
