Face à des contraintes budgétaires de plus en plus fortes, le Programme alimentaire mondial (PAM) adapte son mode d’intervention en République démocratique du Congo. L’organisation a annoncé, mercredi 6 août à Beni, une révision de sa stratégie de distribution de l’aide alimentaire. Celle-ci ne sera plus fondée sur le statut des bénéficiaires (réfugiés, déplacés internes ou retournés), mais sur le niveau réel de vulnérabilité des ménages.
Claude Kalinnga, chargé de communication et de l’engagement communautaire du PAM, a expliqué à une dizaine de journalistes que cette décision résulte d’une baisse significative des financements de la part des bailleurs traditionnels.
Pour identifier les bénéficiaires, le PAM s’appuiera désormais sur un système digitalisé de collecte et d’analyse des données, mis en œuvre par ses partenaires humanitaires sur le terrain. Cette approche vise à garantir une assistance plus équitable et mieux ciblée, en fonction des besoins réels des populations.
« Désormais, en raison des difficultés financières, nous sommes contraints de changer d’approche. Nous appelons cela le ciblage basé sur la vulnérabilité. Le PAM collabore avec plusieurs partenaires qui utilisent un questionnaire bien structuré pour évaluer le degré de vulnérabilité de chaque ménage », a-t-il précisé.
Claude Kalinnga a également lancé un appel à la compréhension et au soutien des communautés : « Nous demandons à la population de continuer à faire confiance au PAM. Tant que des ressources seront disponibles, nous ne cesserons d’accompagner les populations meurtries de cette région », a-t-il rassuré.
Ce recentrage stratégique intervient alors que les besoins humanitaires continuent de croître en RDC, notamment dans l’est du pays, en proie aux conflits et aux déplacements massifs de populations.
Gires Kasongo
