À rebours des débats institutionnels classiques, le député national Crispin Mbindule Mitono place la question constitutionnelle au centre de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une interview accordée à Surveillance.cd ce samedi 25 avril 2026, l’élu de Butembo articule son plaidoyer autour de trois axes majeurs : la refonte de la Constitution, le contrôle de la nationalité et la gestion du pouvoir en période de guerre.

D’entrée de jeu, le parlementaire remet en cause la pertinence de la Constitution actuelle, qu’il juge inadaptée aux réalités du pays. Selon lui, une frange de la population de l’Est conteste ce texte, accusé d’avoir favorisé des dérives identitaires et politiques. Il pointe notamment la naturalisation controversée de certains réfugiés, qu’il considère comme un facteur aggravant dans un contexte d’insécurité persistante.

Au-delà du diagnostic, Crispin Mbindule Mitono appelle à une refondation institutionnelle « portée par les Congolais eux-mêmes ». Il estime qu’un nouveau contrat constitutionnel, élaboré de manière inclusive, est indispensable pour restaurer la confiance et corriger des failles qu’il qualifie de structurelles.

Dans le même temps, l’élu dénonce la banalisation de la violence comme mode d’accès aux fonctions publiques. Il critique un système où le recours aux armes peut ouvrir la voie à des responsabilités politiques ou militaires, une dérive qu’il juge dangereuse pour la stabilité de l’État et qui nécessite, selon lui, un encadrement strict à travers des réformes profondes.

Sur le plan politique, Crispin Mbindule Mitono rejette toute interprétation opportuniste de son initiative. Il assure que son appel à une nouvelle Constitution ne vise pas à prolonger le mandat présidentiel, mais à répondre à une urgence nationale : mettre un terme au conflit dans l’Est du pays. Dans cette optique, il se prononce en faveur du maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi jusqu’au rétablissement complet de la stabilité.

Pour le député, la priorité demeure sans équivoque : restaurer la paix avant toute alternance politique. Il présente ainsi le chef de l’État comme un acteur clé dans la résolution du conflit, tout en réaffirmant que la réforme constitutionnelle doit rester dissociée de la question des mandats.

Gires Kasongo