Une migrante colombienne, identifiée sous le prénom de Maria, décrit des conditions de prise en charge qu’elle juge « proches de la détention » après son expulsion des États-Unis vers la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte marqué par de fortes incertitudes.

Dans un témoignage accordé à RFI Afrique, samedi 25 avril, elle fait état d’un encadrement strict et permanent, alimentant un sentiment d’isolement et d’angoisse chez les migrants concernés, quant à leur situation actuelle et à leur devenir.
« Nous avons l’impression d’être détenus dans un hôtel », confie-t-elle, résumant le malaise ressenti par plusieurs personnes du groupe.

Selon son récit, les journées suivent une routine immuable et contraignante : réveil, réunions obligatoires, repas à horaires fixes, puis retour systématique dans les chambres, sans réelle marge de liberté.
Maria affirme également que toute sortie de l’établissement leur est formellement interdite, renforçant l’impression d’enfermement malgré le cadre hôtelier.

« Nous avons essayé de sortir, mais cela nous a été refusé », précise-t-elle, ajoutant qu’une tentative d’entretien avec un journaliste local a elle aussi été bloquée.

D’après ses explications, le personnel de l’hôtel aurait indiqué que ces restrictions relèvent d’instructions émanant directement des autorités congolaises.
Par ailleurs, la possibilité de solliciter l’asile en RDC serait évoquée, mais fortement déconseillée.

Selon Maria, plusieurs sources décrivent le pays comme « très dangereux », ce qui dissuade les migrants d’engager une telle démarche.

Arrivée à Kinshasa le 17 avril 2026, Maria fait partie d’un premier contingent de 15 migrants expulsés des États-Unis vers la RDC, dans le cadre d’un accord bilatéral conclu entre les deux pays.

Ce témoignage met en lumière les conditions d’accueil de ces migrants et soulève des interrogations sur le respect de leurs droits, ainsi que sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cet accord.

Zéphyrin Amboka Pengume