Face à l’agression dont est victime la République démocratique du Congo dans sa partie orientale, imputée au Rwanda via son supplétif du M23, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la tenue d’un dialogue inclusif intercongolais. L’objectif affiché est de réunir toutes les parties prenantes afin de parvenir à une paix durable.
Pour le prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege, engager un dialogue avant la fin des hostilités revient à bâtir le pays sur des fosses communes, sans que justice ne soit rendue.
« La priorité aujourd’hui dans notre pays est d’abord de mettre fin à l’agression ; ensuite seulement pourra venir le dialogue. On ne peut pas construire un pays sur des fosses communes, sans justice. Cela fait 30 ans que cela dure. C’en est assez ! », a-t-il déclaré lundi 2 février.
Cette position de celui que l’on surnomme affectueusement le réparateur des femmes s’oppose à celle de plusieurs figures de l’opposition politique, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Franck Diongo et Jean-Marc Kabund. Ces derniers estiment que le dialogue inclusif constitue la clé pour résoudre la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
La convocation et la tenue de ce dialogue restent un sujet hautement controversé. Du côté de Kinshasa, il est soutenu que seul le chef de l’État a la prérogative de convoquer ces assises. En revanche, l’opposition armée et non armée plaide pour un dialogue conduit sous l’égide de la CENCO et de l’ECC.
Un autre point de divergence concerne le lieu de la tenue du dialogue. L’opposition exige qu’il se déroule en dehors de Kinshasa, tandis que le pouvoir en place campe sur la capitale.
Lors de la 76ᵉ réunion du Conseil des ministres, le chef de l’État avait d’ailleurs tranché : « S’il y a un dialogue inclusif, c’est à Kinshasa qu’il devra se tenir. »
Zéphyrin Pengume
