
Depuis la prison centrale de Makala, Nathanaël Onokomba a réagi à l’issue de son audience du vendredi 17 octobre 2026 devant le Tribunal de grande instance (TGI) de la Gombe, à Kinshasa. L’opposant, poursuivi notamment pour apologie du terrorisme et négation des crimes attribués au Rwanda dans l’Est de la RDC, estime que son procès s’éloigne des principes d’un procès équitable.
Une défense qui se dit entravée
Dans sa déclaration, il dénonce « un comportement complètement hostile à la défense ». Il reproche notamment au tribunal d’avoir interrompu la plaidoirie de ses avocats, limité leur prise de parole, précipité la clôture de l’audience et rejeté les préalables soulevés par sa défense.
« Je fais désormais l’objet d’un COMPLOT POLITICO-ECCLÉSIASTIQUE », affirme-t-il, mettant ainsi en cause ce qu’il considère comme une manœuvre mêlant intérêts politiques et religieux. Ces accusations relèvent de sa position et nécessitent, le cas échéant, des éléments indépendants permettant de les étayer.
Un précédent jugement au cœur du litige
Nathanaël Onokomba affirme que le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe l’avait acquitté du chef d’apologie du terrorisme. Il reproche à la juridiction civile de ne pas tirer les conséquences de cette décision.
« Je tends à être jugé deux fois pour les mêmes faits. Ce qui est inconcevable », écrit-il. La question de la portée exacte du jugement militaire et de ses effets sur la procédure civile est donc centrale. Elle doit être appréciée à partir des décisions judiciaires et des chefs de poursuite concernés.
Présenté comme un leader de la « jeunesse extra-système » et un opposant politique, Nathanaël Onokomba est détenu depuis décembre 2025. Son dossier a d’abord été examiné par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, dans le cadre de poursuites portant notamment sur l’apologie du terrorisme et la négation, la minimisation ou la justification de crimes attribués au Rwanda dans l’Est du pays.
Selon les éléments communiqués par sa défense, le 26 juin 2026, la juridiction militaire s’est déclarée incompétente après l’avoir acquitté du chef d’apologie du terrorisme, avant de renvoyer le dossier devant la justice civile. Transféré de la prison militaire de Ndolo à la prison centrale de Makala en juillet 2026, il comparaît depuis devant le TGI de la Gombe.
Sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée le 7 octobre 2026. La défense dénonce ce qu’elle considère comme un acharnement judiciaire et évoque le rôle présumé d’un pasteur de l’Église Philadelphie, à Kinshasa, sans que les éléments fournis permettent d’établir indépendamment cette accusation.
L’affaire a été renvoyée à une date ultérieure. Dans l’attente de la suite de la procédure, les questions relatives au respect des droits de la défense, à la portée du jugement militaire et à la régularité des poursuites restent au centre des préoccupations. Les accusations formulées par Nathanaël Onokomba devront être distinguées des faits établis par les juridictions.
Par Zéphyrin Amboka Pengume
