Le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a déclaré, ce jeudi 23 avril que la tenue des élections prévues en 2028 en République démocratique du Congo dépendra avant tout du rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national. 

Selon lui, organiser un scrutin dans un contexte de guerre ne permettrait pas de garantir une participation libre et équitable des citoyens.

S’exprimant sur la question, Isaac Tshilumbayi a souligné que la crise sécuritaire dans l’Est du pays a provoqué le déplacement de millions de Congolais, rendant difficile l’organisation d’élections inclusives ;

«Tant que la guerre n’est pas terminée, il est clairement notable que l’on ne peut pas aller à une élection dans les conditions d’une guerre qui a poussé sept millions de nos compatriotes en dehors du pays, les obligeant ainsi à ne pas participer à l’expression libre de leur choix», a-t-il affirmé.

Pour le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, des élections crédibles nécessitent non seulement la fin des combats, mais également le retour des populations déplacées dans leurs milieux de vie afin qu’elles puissent exercer leur droit de vote dans des conditions normales.

Il insiste ainsi sur la nécessité de réunir des conditions de paix durables, allant au-delà du simple silence des armes.

«Une élection apaisée et confiante se tiendrait dans des conditions de paix. Et les conditions de paix ne signifient pas seulement le silence des armes, mais aussi le rétablissement de nos compatriotes déplacés dans leurs milieux de vie pour qu’ils puissent exprimer leur suffrage», a-t-il expliqué.

Face aux interrogations que pourraient susciter de telles déclarations, Isaac Tshilumbayi rejette toute idée de « glissement » du calendrier électoral. Il estime plutôt qu’il s’agit d’un principe démocratique élémentaire de ne pas organiser des élections dans un contexte de guerre.

Pour illustrer son propos, il a évoqué la situation de l’Ukraine, pays en conflit armé avec la Russie, où les autorités ont également renoncé à organiser des élections pendant la guerre.

«Ce n’est pas un glissement, c’est un principe normal que l’on ne tienne pas les élections dans des conditions de guerre. L’Ukraine est une démocratie qui n’arrive pas à tenir des élections parce qu’elle ne peut pas les organiser sous les armes», a-t-il soutenu.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où la question de la sécurité et de la stabilité politique reste au cœur du débat public en RDC, alors que le pays fait toujours face à l’insécurité persistante dans sa partie orientale.

Zéphyrin Amboka Pengume