La République Démocratique du Congo se dirige vers l’organisation des élections législatives sans les partis de Joseph Kabila, PPRD et de Martin Fayulu, Ecidé. Une première depuis dix-sept ans ans après le boycott par L’UDPS des élections de 2006.
Alors que la CENI a officiellement bouclé les dépôts des candidatures au BRTC sur l’ensemble de la République, le PPRD de Joseph Kabila et l’Ecidé de Martin Fayulu n’ont toujours pas déposé la liste de leurs candidats. Pour cause, l’un comme l’autre exigent la recomposition du bureau de la CENI, celle de la cour constitutionnelle et l’audit externe du fichier électoral. Des revendications parfois légitimes mais difficiles d’obtenir gain de cause dans le contexte actuel.
Sans ces deux formations politiques, pas les moindres, pouvons-nous réellement avoir des élections cette année ou se dirige-t-on vers la requalification du processus électoral comme l’a souhaité le panel des experts de la société civile ? Difficile de répondre à cette question.
Toutefois, il est à constater que le timing qui sépare le pays de Félix Tshisekedi à la tenue des élections n’est plus tenable pour respecter le délai. Plusieurs scénarios sont envisageables par une partie de l’opposition n’ayant pas déposé ses candidats.
D’abord accentuer les pressions sur le régime pour obtenir ne serait-ce qu’un dialogue politique afin d’apaiser les esprits et procéder au partage du pouvoir avant de parler élections. Une position dont les ténors du pouvoir ne veulent pas entendre parler.
Ensuite utiliser la voie du chaos en mobilisant le peuple pour un éventuel soulèvement qui pourrait déboucher sur la contestation du leadership de Félix Tshisekedi par la communauté aussi bien nationale qu’internationale et voir ce dernier être écarté par le cas de force majeure pour une transition sans lui, comme cela se murmure dans certains salons politiques. L’assassinat de Chérubin Okende en est une illustration.
De toutes les façons, la CENI a exprimé plus fort qu’elle fait face à des problèmes financiers et plusieurs matériels ne sont pas encore commandés ou sont en voie de l’être.
L’idée d’un dialogue politique semble la plus proche mais au regard de la détermination de Félix Tshisekedi qui se verrait davantage affaibli avec la tenue dudit dialogue, un forcing n’est pas à exclure pourvu que les élections aient lieu tant bien que mal.
Les forces en présence se verront obligées de montrer chacune ses muscles sur terrain pour essayer de faire bouger les choses. Si Martin Fayulu compte sur la mobilisation du peuple sur terrain, le PPRD avec ses moyens financiers est prêt à tout mettre en œuvre pour paralyser le processus électoral. À qui profitera ce scénario ? Les jours à venir nous en diront plus.
Faustin Kalenga
