À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a adressé, le mardi 30 juin, une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, dans laquelle il affirme ne pas partager l’esprit de célébration nationale.

À travers cette lettre, le Prix Nobel de la paix estime que le pays traverse une crise profonde, marquée, selon lui, par des risques de fragmentation du territoire, une forte souffrance sociale et une perte de repères institutionnels.

Revenant sur l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019, Denis Mukwege explique avoir initialement adopté une position de réserve dans l’intérêt de la stabilité nationale. Il critique toutefois l’évolution de la gouvernance, qu’il juge éloignée des attentes de changement démocratique. Il regrette notamment l’absence de progrès dans la lutte contre l’impunité et le retard pris dans la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle pour les crimes documentés en RDC.

Dans cette lettre ouverte, le médecin congolais revient également sur la situation sécuritaire dans l’est du pays. Il réaffirme ses réserves concernant l’état de siège instauré depuis 2021, estimant qu’il n’a pas produit les résultats attendus en matière de sécurité et de protection des populations civiles.

Il critique également certaines orientations diplomatiques et sécuritaires régionales adoptées ces dernières années.

Enfin, Denis Mukwege met en garde contre ce qu’il décrit comme une multiplication d’initiatives régionales insuffisamment coordonnées et exprime ses inquiétudes concernant certaines coopérations sécuritaires et le processus d’intégration régionale.

À travers cette lettre, il appelle les autorités congolaises à recentrer leur action sur la justice, la paix durable et la protection des citoyens.

Zéphyrin Amboka Pengume