Le Groupe international de contact pour les Grands Lacs (GIC) a appelé, mercredi 19 février, au retrait immédiat des Forces rwandaises de défense (RDF) du territoire congolais. Dans une déclaration officielle, les représentants de la Belgique, du Danemark, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).

Le GIC a fermement condamné l’offensive continue des RDF au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dénonçant notamment la prise récente de l’aéroport de Kavumu et de la ville de Bukavu. Selon lui, cette situation compromet les efforts de paix régionaux et entrave la mise en œuvre des conclusions du sommet conjoint de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Un appel au cessez-le-feu et au dialogue

Le GIC exhorte toutes les parties prenantes à privilégier l’engagement diplomatique et politique, affirmant qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit.

« Nous appelons le M23/AFC à cesser immédiatement son offensive et à se retirer de tous les territoires occupés, y compris Goma et son aéroport. Le soutien, direct ou indirect, aux groupes armés doit cesser immédiatement. Nous exigeons également le retrait immédiat des RDF du territoire congolais », a déclaré le GIC.

 

L’organisation a réitéré son soutien aux processus de paix de Luanda et de Nairobi, dirigés respectivement par le président angolais João Lourenço et l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta. Elle a également appelé les pays de la région des Grands Lacs à éviter toute escalade militaire, à s’engager sérieusement dans le processus de paix et à œuvrer à la revitalisation de l’Accord-cadre de 2013 pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région.

Renforcer l’autorité de l’État et lutter contre les violations des droits humains

Le GIC a souligné la responsabilité première du gouvernement congolais dans le renforcement de l’autorité de l’État et de la gouvernance dans l’est du pays. Il a également insisté sur l’importance des initiatives de dialogue intra-congolais pour renforcer la cohésion nationale, notamment celles facilitées par les églises.

Condamnant les graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, le groupe a plaidé pour des enquêtes approfondies sur toutes les allégations d’abus, afin que les victimes soient reconnues et soutenues, et que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice.

« L’accès humanitaire doit être garanti sans délai ni condition », a-t-il exigé, exprimant une vive inquiétude face aux allégations de violences sexuelles à grande échelle.

Le GIC appelle ainsi à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour mettre fin aux violences et garantir la protection des populations civiles en RDC.

Don de Dieu Mbavu