Dans un entretien accordé à La Libre Belgique, l’ancien président Joseph Kabila hausse le ton contre le pouvoir en place.
Il accuse le régime de Félix Tshisekedi de dérives autoritaires et met en garde contre un projet de révision constitutionnelle qu’il qualifie d’« extrêmement dangereux ».
Une Constitution » vidée de sa substance »
Pour Joseph Kabila, toute initiative de réforme constitutionnelle apparaît inopportune dans le contexte actuel.
Il estime que la loi fondamentale est déjà largement ignorée dans la pratique du pouvoir.
« Quelle Constitution ? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019 », affirme-t-il.
À ses yeux, le projet prêté aux autorités s’apparente davantage à une refonte déguisée qu’à une simple révision, dénonçant un « tripatouillage » susceptible de fragiliser davantage la stabilité institutionnelle du pays.
Accord post-électoral de 2019 : Kabila évoque une « preuve » conservée
Revenant sur la séquence politique de 2019, Joseph Kabila rappelle l’accord conclu entre sa famille politique et la coalition Cap pour le changement (CACH), qui avait permis une cohabitation avec le camp de Félix Tshisekedi.
Il accuse aujourd’hui le pouvoir d’avoir renié cet engagement, tout en avançant détenir une preuve matérielle de cet accord :
« il n’y a qu’une seule copie, et je l’ai gardée », soutient-il, estimant que sa divulgation aurait été immédiate sur les réseaux sociaux.
Interrogé sur les prises de position de Corneille Nangaa, aujourd’hui coordonnateur de l’AFC/M23, l’ancien chef de l’État choisit de ne pas commenter, marquant une prise de distance dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible.
Dans un discours nettement plus offensif, Joseph Kabila appelle à la mobilisation contre ce qu’il qualifie de « dérive dictatoriale », invoquant l’article 64 de la Constitution qui autorise les citoyens à s’opposer à tout pouvoir jugé illégitime.
Depuis Goma, où il affirme séjourner, il évoque un climat sécuritaire préoccupant, mentionnant notamment des menaces ainsi qu’une attaque présumée par drone.
L’ancien président met en garde contre une dégradation profonde de la situation nationale, qu’il compare à celle du Soudan, évoquant un risque de « soudanisation » de la crise congolaise.
Il interpelle également la Belgique, l’appelant à « se ressaisir » face à la situation en République démocratique du Congo.
Cette sortie médiatique marque un tournant dans la posture de Joseph Kabila, qui adopte désormais une ligne de confrontation ouverte avec le pouvoir en place, dans un contexte national marqué par de fortes tensions institutionnelles et sécuritaires.
Don de Dieu Mbavu
