À la suite des déclarations de Joseph Kabila sur la révision ou le changement de la Constitution, les réactions se multiplient au sein de la classe politique congolaise.
Le Rassemblement pour la souveraineté et le développement (RSD) accuse l’ancien chef de l’État de tenir un discours susceptible d’inciter à la rébellion, à un moment où, selon ce parti, la population accorde sa confiance au président en exercice, Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration faite ce lundi 23 mars 2026, son président national, Ivan Ilunga Ngindu, a vivement critiqué la posture de Joseph Kabila.
« L’article 64 auquel Kabila fait référence est une disposition qui peut pousser le peuple à la rébellion, Il n’existe aucun pouvoir acquis par la force. Le président Tshisekedi a été élu en 2018 et réélu en 2023. Nous sommes dans une nouvelle ère où la population adhère pleinement à sa vision pour le développement du pays », a-t-il déclaré.
Le RSD se dit par ailleurs favorable à une réforme constitutionnelle, estimant que la loi fondamentale actuelle comporte plusieurs insuffisances, notamment au niveau des articles 64 et 74.
Dans un ton particulièrement ferme, Dr Ilunga accuse l’ancien président de chercher à attiser les tensions :
« Il s’agit d’un appel à l’insurrection contre un pouvoir légalement établi. Joseph Kabila n’a aucune leçon à donner au peuple congolais au regard de son bilan. Le peuple est aujourd’hui mature et déterminé à barrer sa route », a-t-il martelé.
Revenant sur la gouvernance passée, il a également dénoncé ce qu’il qualifie de « gestion prédatrice » des ressources publiques sous l’ère Kabila, allant jusqu’à évoquer des sanctions politiques sévères à son encontre.
Pour rappel, dans une interview accordée le 22 mars au média belge La Libre Belgique, Joseph Kabila a qualifié de « dangereux » le projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo.
De son côté, la majorité présidentielle maintient sa position en faveur d’une réforme de la Constitution, qu’elle juge nécessaire pour l’adapter aux réalités sociopolitiques du pays.
SJM
