La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé, dans un communiqué publié vendredi 12 septembre, sa vive inquiétude face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par des tueries et massacres à répétition commis contre des civils.
La CENCO rappelle que le 16 août dernier, le groupe armé CODECO a mené une attaque meurtrière à Bule, dans le territoire de Djugu (Ituri), causant la mort de cinq personnes, plusieurs blessés et l’incendie d’une dizaine de maisons. Quelques jours plus tard, entre le 19 et le 20 août, des hommes armés ont fait irruption à la Propédeutique Saint Kizito de Bunia, après une série d’attaques contre des lieux de culte et des fidèles catholiques dans la région.
Le 8 septembre, ce sont les rebelles ADF qui ont frappé le village Ntoyo, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), faisant au moins 102 morts, dont certains massacrés à la hache, et incendiant 16 habitations, huit motos et deux véhicules.
La CENCO souligne que ces violences se produisent malgré les opérations conjointes menées par les armées congolaise (FARDC) et ougandaise (UPDF). L’épiscopat s’interroge sur l’efficacité du dispositif sécuritaire, alors que des groupes armés continuent de « garder toutes leurs capacités de nuisance ».
Le communiqué dénonce également les contradictions autour de la présence de certains groupes armés, citant notamment la CODECO considérée par certains comme des Wazalendo, ou encore la CRP de Thomas Lubanga qui aurait des bases arrière en Ouganda.
La CENCO condamne fermement ces atrocités et rappelle que « la vie humaine est sacrée et doit être respectée ». Elle présente ses condoléances aux familles des victimes et appelle la Nation congolaise ainsi que la communauté internationale à une mobilisation accrue pour mettre fin à la banalisation des massacres.
Les évêques exhortent par ailleurs le gouvernement à redoubler de vigilance pour sécuriser davantage les populations, tout en invitant les groupes armés tels que le M23, la CODECO, la CRP ou encore les Wazalendo à renoncer à la logique de la guerre et à adhérer au processus de paix proposé par les confessions religieuses.
« Il est pénible de constater que les tueries et massacres des Congolais n’émeuvent plus ni la nation, ni la communauté internationale », déplore la CENCO, qui met en garde contre des conséquences incalculables si la situation actuelle perdure.
Enfin, la CENCO confie la RDC à l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix, en implorant la bénédiction divine pour le pays.
Gires Kasongo
