RDC : « La Constitution doit être révisée pour répondre aux réalités nationales et aux enjeux géostratégiques », affirme Joseph-Gode Kayembe

Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Alors que les discussions prennent de l’ampleur dans l’opinion nationale, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une réforme profonde de la loi fondamentale afin de l’adapter aux réalités actuelles du pays.

Parmi elles, celle de Joseph-Gode Kayembe, coordonnateur de la Société civile patriotique du Congo et ambassadeur de la masculinité positive, qui estime qu’une nouvelle Constitution devient aujourd’hui une nécessité historique, politique et sécuritaire pour la RDC.

Dans une déclaration accordée à notre rédaction ce mardi 12 mai 2026, cet acteur de la société civile a lancé un appel aux forces vives de la nation, aux confessions religieuses, aux mouvements citoyens ainsi qu’aux leaders d’opinion afin de soutenir un large consensus national autour de la réforme constitutionnelle.

Selon Joseph-Gode Kayembe, les mutations géopolitiques mondiales, les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays ainsi que les fragilités institutionnelles observées depuis plusieurs années imposent à la RDC de repenser son architecture constitutionnelle.

« Au regard des enjeux géostratégiques actuels à travers le monde, notre pays ne peut rester figé dans un système constitutionnel qui ne répond plus totalement aux aspirations profondes du peuple congolais », a-t-il déclaré.

Pour lui, la démarche visant à réviser ou à changer la Constitution ne devrait pas être réduite à un débat autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel, comme l’affirment certains opposants, mais plutôt être comprise comme une opportunité de consolider la souveraineté nationale et la stabilité des institutions.

Joseph-Gode Kayembe soutient notamment que certaines failles de l’actuelle Constitution auraient contribué à fragiliser l’État congolais, particulièrement sur les questions liées à la sécurité, à la gouvernance et à la protection des intérêts stratégiques du pays.
Il cite, entre autres, la suppression de la loi Bakajika ainsi que l’ambiguïté de certaines dispositions constitutionnelles qu’il juge inadaptées au contexte actuel.

« L’une des causes de la crise sécuritaire qui secoue la RDC depuis plusieurs décennies réside dans certaines erreurs structurelles commises lors de l’élaboration de l’actuelle Constitution.
Plusieurs articles méritent aujourd’hui une réécriture afin de renforcer la souveraineté de l’État », a-t-il expliqué.

Le coordonnateur de la Société civile patriotique estime également que le président de la République, Félix Tshisekedi, devrait inscrire cette réforme parmi les grandes priorités de son héritage politique.

« La plus grande responsabilité historique du chef de l’État serait de quitter le pouvoir sans avoir engagé une réforme constitutionnelle capable de protéger durablement les institutions stratégiques du pays », a-t-il affirmé.

Joseph-Gode Kayembe dénonce par ailleurs ce qu’il considère comme une infiltration progressive des institutions par des individus « à la nationalité douteuse », situation qu’il attribue à certaines insuffisances de la Constitution actuelle.
Il plaide ainsi pour une réforme inclusive qui permettrait au peuple congolais de participer activement au processus de refonte constitutionnelle.

« Le peuple congolais doit cette fois-ci être pleinement associé aux décisions qui engagent l’avenir du pays. Réviser ou changer la Constitution est aujourd’hui une exigence patriotique et générationnelle. Refuser ce débat reviendrait à sacrifier l’avenir des prochaines générations », a-t-il insisté.

Pendant ce temps, le débat autour de la réforme constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise. Si certains acteurs politiques, responsables religieux et organisations de la société civile soutiennent ouvertement l’idée d’une révision de la Constitution, l’opposition, quant à elle, dénonce ce qu’elle qualifie de tentative de dérive autoritaire et appelle à des mobilisations populaires pour s’y opposer.

Dans un contexte politique déjà marqué par des tensions sécuritaires et sociales, cette question constitutionnelle s’annonce comme l’un des grands enjeux du débat national dans les prochains mois.

Faustin Kalenga