La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique nationale. À la suite des récentes tueries de civils enregistrées dans la région de Beni, le député national Elie Kambale Musavuli Vaghumawa est intervenu à l’Assemblée nationale pour réclamer des mesures exceptionnelles face à la persistance de l’insécurité.

Face aux violences répétitives qui frappent le territoire de Beni au Nord-Kivu et la province de l’Ituri, l’élu estime que les approches sécuritaires classiques montrent aujourd’hui leurs limites. Selon lui, la menace imposée par les groupes armés nécessite désormais une nouvelle stratégie basée sur l’implication directe des populations locales dans la défense de leurs milieux de vie.

Dans cette logique, le député national, élu du territoire de Beni, demande officiellement au gouvernement congolais d’envisager l’armement de certains citoyens, dans le but de renforcer les mécanismes d’autodéfense communautaire. Toutefois, Elie Kambale Musavuli Vaghumawa insiste sur le fait qu’une telle initiative ne devrait intervenir qu’après une formation rigoureuse des concernés ainsi qu’un encadrement strict par les institutions de sécurité de l’État.

Pour cet élu du peuple, les groupes armés qui opèrent dans la région mènent une guerre asymétrique et utilisent des tactiques de proximité difficiles à contrer uniquement par les moyens militaires conventionnels. Il estime ainsi qu’une réponse populaire et organisée pourrait contribuer à limiter les incursions meurtrières contre les civils.

Au-delà des questions militaires, le député s’est également attaqué à la problématique des barrières routières qu’il qualifie de « non-sécuritaires ». Il exige leur suppression immédiate sur les différents axes du territoire de Beni, dénonçant des postes qui, selon lui, servent davantage à la tracasserie financière qu’à la protection des populations.

D’après Elie Kambale Musavuli Vaghumawa, ces multiples barrières aggravent les difficultés économiques des habitants d’une région touchée par les conflits armés et les déplacements de populations. Il appelle ainsi les autorités compétentes à restaurer une gouvernance sécuritaire centrée sur la protection des citoyens plutôt que sur leur exploitation.

Cette sortie du député intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques contre les civils dans plusieurs localités de Beni et de l’Ituri, où les populations continuent de vivre sous la menace permanente des groupes armés actifs dans la région.

Gires Kasongo