Après sa prédication sur le « camp des lépreux », au cours de laquelle il avait vivement critiqué certains pasteurs appelant au changement de la Constitution, une sortie qui avait largement fait réagir sur les réseaux sociaux, le pasteur Moïse Mbiye, responsable de l’église Cité Bethel, est revenu sur ses propos lundi 11 mai lors d’une intervention sur Top Congo FM.

Le pasteur Moïse Mbiye a expliqué que sa prédication visait avant tout à appeler à un débat sérieux et approfondi autour de la question du changement de la Constitution en République démocratique du Congo.

Le responsable de « La Réserve de l’Éternel » a insisté sur la nécessité d’aborder cette problématique avec des arguments précis et des propositions concrètes, plutôt qu’avec des déclarations générales.

Selon lui, plusieurs responsables religieux évoquent la question de la Constitution sans toutefois citer les dispositions qui devraient être modifiées. « Les hommes de Dieu parlent de la Constitution sans évoquer un seul article qui devrait être changé », a-t-il déclaré, estimant que tout débat sur une éventuelle révision constitutionnelle doit reposer sur une bonne maîtrise du texte fondamental du pays.

Le pasteur Moïse Mbiye a également souligné le rôle que doit jouer l’Église dans la société congolaise. D’après lui, les responsables religieux doivent avant tout défendre les intérêts de la population et accompagner les actions allant dans le sens du bien-être collectif.

« L’Église doit se retrouver dans le peuple, travailler pour le peuple. Nous devons soutenir le chef pour l’intérêt du peuple », a-t-il affirmé.

Poursuivant son intervention, il a exhorté les hommes de Dieu à faire preuve de responsabilité dans leurs prises de parole publiques. « Les hommes de Dieu ne doivent pas se lever et parler d’une Constitution qu’eux-mêmes n’ont jamais lue, qu’ils ne maîtrisent pas, sans nous donner des éléments concrets », a-t-il martelé, appelant ainsi à un débat basé sur la connaissance, la clarté et l’intérêt national.

Moïse Mbiye affirme avoir rencontré des pasteurs qui soutiennent l’idée d’un changement de la Constitution sans être capables de préciser les articles à modifier. Selon lui, certains se limiteraient à dire qu’il faut changer la Constitution pour soutenir le chef de l’État, sans autre argumentaire.

Enfin, le pasteur estime que toute réflexion sur le changement ou non de la Constitution devrait être guidée par l’intérêt de la population et non par des intérêts financiers ou personnels.

Zéphyrin Amboka Pengume