Un appel à la cohésion nationale

L’évêque du diocèse de Mbujimayi, Monseigneur Emmanuel Bernard Kasanda, fustige le manque de consensus dans les différentes prises de position de ses pairs de la CENCO, fragilisant ainsi la cohésion nationale et l’unité de l’Église catholique.

Lutte contre le tribalisme et la ségrégation

Dans un message adressé à ses collègues évêques de la CENCO, intitulé « Au nom de la vérité de l’Évangile », L’évêque dénonce l’esprit de tribalisme et de ségrégationnisme érigé, malheureusement, par l’actuelle présidence de la CENCO comme mode de fonctionnement.

« Il conviendrait d’épargner notre forum WhatsApp d’informations et de critiques fleuves politiciennes reflétant un peu trop le caractère ségrégationniste », note Monseigneur Kasanda.

Dénonciation des prises de position sélectives

Par ailleurs, L’évêque de Mbujimayi dénonce des prises de position sélectives et tendancieuses visant à « inciter la population à un soulèvement populaire » contre les gouvernants et les institutions établies. Il invite ses pairs à une introspection sur les fraudes électorales, qu’il qualifie de « bourrages d’urnes et conciliabules », ayant conduit à la mise en place de l’actuel bureau de la présidence de la CENCO.

Risque de politisation de l’Église

L’évêque déplore également que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), avec son équipe dirigeante, risque d’être « confondue à un groupe de lobbying lié à un parti ou système politique », mettant de côté sa mission essentiellement religieuse pour embrasser d’autres missions d’ordre politique, social et économique. « L’Église n’a pas compétence spécifique sur des questions techniques pour proposer des systèmes ou des modèles d’organisation sociale », précise-t-il.

Question sur la transparence interne

Dénonçant par ailleurs l’attitude tribale des dirigeants de la CENCO, L’évêque se questionne sur le blocage de la publication du rapport sur l’effectif du personnel de la Caritas, de l’Université Catholique du Congo (UCC), et des institutions nationales appartenant à l’Église catholique et aux provinces d’origine de son personnel. « Pourquoi ce rapport tarde-t-il à être publié ? », s’interroge-t-il.

Contexte politique et controverse

Pour rappel, depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir et l’instauration de la gratuité de l’enseignement, des voix s’élèvent pour dénoncer les prises de position de la CENCO, jugées par une certaine opinion comme étant proches d’un camp politique opposé au régime en place.

 

Faustin Kalenga