Le président des Forces socialistes progressistes (FSP), John Omombo Tshumba, appelle Félix Tshisekedi à privilégier le dialogue politique face aux tensions qui traversent la République démocratique du Congo. Dans une publication au ton ferme, il dénonce ce qu’il considère comme une dégradation de la situation nationale et plaide pour une issue politique à la crise.
Ancien journaliste et présentateur du journal télévisé à la Radio Télévision Groupe Avenir (RTG@), John Omombo s’est progressivement engagé dans la vie politique congolaise. Il dirige les FSP, une formation politique qui s’est notamment illustrée en 2022 en proposant un « dialogue électoral constructif » autour du processus électoral. Son parcours médiatique précède ainsi son engagement partisan et ses prises de position sur la gouvernance du pays.
Dans sa récente déclaration, il résume sa préoccupation par une formule sans détour : « Un pays en péril, un pouvoir sourd : le Congo mérite mieux que le silence et l’anathème. » Il évoque la vie chère, l’insécurité dans l’Est, la fragilisation des institutions et les pressions présumées contre des opposants. Ces accusations traduisent son appréciation de la situation politique et appellent à être examinées à la lumière de faits documentés.
L’un des principaux axes de son intervention concerne Joseph Kabila, dont il défend le droit à faire entendre ses propositions politiques. « Le poids de la parole de Joseph Kabila tient à son expérience du pouvoir et à sa connaissance de l’État », affirme-t-il. Pour le président des FSP, le Pacte républicain proposé par l’ancien chef de l’État devrait être examiné sur le fond, plutôt que rejeté en raison de son identité politique.
John Omombo dénonce également ce qu’il considère comme une tendance à privilégier les attaques personnelles au détriment du débat politique. « Quand un ancien président alerte, on ne l’insulte pas : on répond, ou on avoue qu’on n’a rien à répondre », écrit-il. Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la place de l’opposition, la liberté d’expression et les conditions d’un dialogue entre les acteurs politiques congolais.
Sur la question de la violence, le dirigeant des FSP affirme que son parti ne cautionne aucune violence, quelle qu’en soit l’origine. Il estime néanmoins que l’exclusion politique et la fermeture des espaces de concertation peuvent aggraver les tensions. Cette analyse constitue l’un des fondements de son plaidoyer en faveur d’une médiation susceptible de rapprocher les protagonistes.
S’adressant directement au président de la République, John Omombo écrit : « Monsieur le Président Félix Tshisekedi, vous êtes le Maître des horloges : vous détenez les clés, donc la responsabilité. » Il réclame un dialogue véritablement inclusif, une médiation neutre et des garanties pour les différentes parties. À ses yeux, la responsabilité du chef de l’État est déterminante dans la recherche d’une issue politique à la crise.
En conclusion, l’ancien journaliste devenu responsable politique appelle Félix Tshisekedi à privilégier la désescalade et la recherche du compromis. « L’histoire ne vous jugera pas sur vos discours. Elle vous jugera sur le sang évité, ou versé », prévient-il. Son message pose ainsi une question centrale : les acteurs politiques congolais parviendront-ils à faire du dialogue un instrument de prévention des conflits, malgré leurs divergences et leur méfiance réciproque ?
Jacques Amboka
