De vastes panneaux publicitaires faisant la promotion d’un éventuel changement de la Constitution ont fait leur apparition ces derniers jours dans plusieurs quartiers stratégiques de la capitale congolaise. Installées sur les principales artères de Kinshasa, ces affiches relancent avec force le débat sur l’avenir de la Constitution de 2006, un sujet qui continue de diviser profondément la classe politique et l’opinion publique.
Portant le slogan en lingala « Toza ba zoba te » (« Nous ne sommes pas des idiots »), les affiches mettent en scène des messages à caractère patriotique et politique, notamment « Fatshi mutu azo bundela mboka » (« Fatshi, l’homme qui défend le pays ») et « Peuple nde aloba oui to non » (« C’est au peuple de dire oui ou non »). Un discours qui semble vouloir associer la réforme constitutionnelle à la souveraineté populaire tout en valorisant l’action du président Félix Tshisekedi.
L’ampleur de cette campagne, visible dans plusieurs points névralgiques de la capitale, laisse entrevoir une opération de communication d’envergure, bénéficiant de moyens financiers importants et d’une stratégie de sensibilisation soigneusement structurée. Aucun acteur politique ou institutionnel n’a cependant revendiqué officiellement la paternité de cette initiative.
Cette offensive médiatique intervient dans un contexte marqué par la multiplication des prises de position en faveur d’une réforme de la Constitution. Les partisans du changement estiment que le texte fondamental adopté en 2006 mérite d’être adapté aux défis actuels du pays, notamment en matière de gouvernance, de sécurité, de développement et d’organisation institutionnelle.
À l’inverse, plusieurs voix s’élèvent contre toute modification constitutionnelle. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), des partis de l’opposition ainsi que diverses organisations de la société civile considèrent que les priorités nationales devraient davantage se concentrer sur la sécurité dans l’Est du pays, l’amélioration des conditions de vie des populations et le respect des dispositions constitutionnelles existantes.
Pour ces acteurs, l’ouverture d’un débat sur la révision de la Constitution pourrait alimenter les tensions politiques à l’approche des prochaines échéances électorales et détourner l’attention des défis urgents auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Alors que le sujet s’impose progressivement dans l’espace public, l’apparition de ces panneaux publicitaires marque une nouvelle phase dans la bataille de l’opinion autour de l’avenir institutionnel du pays. Reste à savoir si cette campagne constitue les prémices d’une initiative politique formelle visant l’organisation d’un référendum constitutionnel ou s’il s’agit d’une opération destinée à tester la perception de la population sur une question particulièrement sensible.
Une chose est certaine : le débat sur l’éventuelle révision de la Constitution est désormais pleinement installé dans l’espace public congolais et devrait continuer à alimenter les discussions politiques dans les semaines et les mois à venir.
Don de Dieu Mbavu
