L’implication des éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les opérations contre les rebelles ADF à Beni continue de susciter des réactions. L’armée a apporté des éclaircissements sur ce sujet le dimanche 21 juin 2026.
S’exprimant au cours d’une conférence de presse conjointe animée par le gouvernement provincial du Nord-Kivu et l’ICCN, le lieutenant Marc Elongo, porte-parole des opérations Sokola 1 Grand Nord et Front Nord, a répondu aux préoccupations soulevées autour de ce soutien sur le terrain.
Face à la presse, il a tenu à rassurer l’opinion sur le bien-fondé de cette collaboration. Selon lui, la présence des éco-gardes aux côtés des FARDC s’inscrit dans une logique de mutualisation des efforts face à un ennemi commun. Le porte-parole a insisté sur le fait que les éco-gardes de l’ICCN sont des agents de l’État, dotés d’armes de la République et engagés dans une mission de protection du patrimoine naturel national.
« Nous devons d’abord rappeler que l’ICCN est une structure de l’État congolais. Il faut donc comprendre son rôle dans les opérations contre les ADF. Les éco-gardes de l’ICCN sont des porteurs d’armes de la République. Cela signifie que, lorsqu’il y a une mobilisation pour atteindre un objectif, notamment la sécurité de la population, tous les moyens peuvent être mis à contribution. Étant détenteurs d’armes, ces dernières peuvent également servir à neutraliser l’ennemi. Rien n’indique qu’une kalachnikov utilisée par un éco-garde ne peut servir qu’à lutter contre les animaux ou les braconniers ; elle peut aussi être utilisée contre l’ennemi que représentent les ADF>>, a-t-il déclaré.
À ce titre, ajoute-t-il, la contribution dans les opérations sécuritaires, lorsqu’elle est requise, ne devrait pas être perçue comme une anomalie, mais plutôt comme une réponse adaptée aux réalités du terrain.
« La collaboration entre les éco-gardes et les FARDC ne pose donc aucun problème. Pour le moment, nous devons garder à l’esprit que nous faisons face à un ennemi qui tue. Nous avons besoin de la mobilisation de tous, pas seulement des éco-gardes, mais de tous les Congolais, afin de combattre cet ennemi commun. Évitons les querelles inutiles, car elles ne profitent qu’à l’ennemi. En nous unissant, nous formons un front commun capable de mettre cet ennemi en déroute », a-t-il ajouté
Cette mise au point intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant en ville de Beni et ses environs, où les attaques attribuées aux ADF continuent d’endeuiller les populations civiles.
Gires Kasongo
