La République du Congo a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de transition énergétique avec l’inauguration, le lundi 17 novembre 2025, de la toute première usine de valorisation du gaz associé de Banga Kayo. La cérémonie, présidée par Denis Sassou Nguesso, marque l’entrée officielle du pays dans une ère d’exploitation gazière avancée, tournée vers l’industrialisation et la réduction du torchage.
Implantée dans le district de Tchiamba Nzassi, cette installation stratégique est pilotée par la compagnie chinoise Wing Wah. Elle dispose d’une capacité de transformation pouvant atteindre 5 millions de m³ de gaz par jour, faisant du site l’un des plus importants pôles gaziers du pays. L’usine est conçue pour produire du GPL (butane et propane), du gaz naturel liquéfié (GNL), des condensats, ainsi que du gaz sec destiné au marché national. À terme, elle permettra également la production de polypropylène et d’engrais pour soutenir le secteur agricole.
Selon Wing Wah, les trois phases successives du projet permettront de valoriser l’intégralité du gaz associé issu du permis Banga Kayo, tout en contribuant fortement à l’objectif national de réduction du torchage. Les prévisions annuelles sont impressionnantes : 219 000 tonnes de propane, 151 000 tonnes de butane, 88 000 tonnes de condensats, 250 000 tonnes de GNL, ainsi qu’un volume considérable de gaz sec.

« Ce projet est plus qu’une infrastructure : c’est un engagement à long terme envers le Congo. Nous transformons un gaz jusque-là perdu en produits à forte valeur ajoutée. Cette usine ouvre la voie à un développement intégré incluant GNL, GPL, électricité et futurs projets pétrochimiques », a déclaré Jinqiang, vice-président de Wing Wah
Une montée en puissance spectaculaire du permis Banga Kayo
Attribué en 2016 pour une durée de 20 ans renouvelables, le permis Banga Kayo a connu une évolution notable. Les productions sont passées de 7 500 barils par jour en 2017 à 57 000 barils par jour en 2025. Cette croissance s’explique notamment par l’utilisation de forages horizontaux et des techniques de long déport, qui ont boosté le rendement des puits et augmenté les volumes de gaz associés désormais valorisés.

Le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a souligné que ce projet s’inscrit dans la vision énergétique portée par le chef de l’État. Il a rappelé que les investissements cumulés de Wing Wah devraient atteindre 27 milliards de dollars, soutenus par un protocole stratégique signé en Chine. Ce dernier prévoit le forage de 1 400 puits sur une période de 20 ans.
L’objectif de l’entreprise est d’atteindre une production de 200 000 barils par jour d’ici 2030 pour le seul périmètre sous sa gestion, tandis que le gouvernement projette une production nationale de 500 000 barils équivalent pétrole par jour à la même échéance.
« Ce projet n’est pas un simple investissement industriel : c’est la matérialisation d’une vision. Nous passons d’un gaz perdu à un gaz transformé et créateur de valeur. Nous posons les bases d’un Congo souverain et énergétiquement fort. », Bruno Jean Richard Itoua, ministre des Hydrocarbures
Vers une véritable économie gazière nationale
Au-delà de l’usine de Banga Kayo, Wing Wah ambitionne de transformer en profondeur le paysage énergétique congolais. L’entreprise prévoit d’atteindre, à l’horizon 2030, une capacité totale de 50 millions de m³ de gaz par jour grâce à un réseau d’infrastructures comprenant gazoducs, oléoducs, centres de traitement, plateformes logistiques et routes industrielles.
Selon les projections, ce vaste programme pourrait générer plus de 7 000 emplois directs et indirects, renforçant l’impact économique et social du projet.
Avec l’entrée en service de cette usine, la République du Congo franchit une étape décisive vers la fin du torchage massif, la modernisation de son secteur énergétique et la création d’une véritable économie gazière nationale. Une transition qui place le pays parmi les nouveaux acteurs africains de la valorisation du gaz et de la production de dérivés à forte valeur ajoutée.
La rédaction
