*Pointe-Noire abrite désormais l’Institut national de biologie et de veille sanitaire (INBVS), une infrastructure stratégique destinée à renforcer les capacités du Congo en matière de surveillance épidémiologique. Le bâtiment et ses équipements ont été réalisés grâce à un financement global de 4,5 milliards de francs CFA du groupe de la Banque mondiale, mobilisé à travers deux projets majeurs.*

La Banque mondiale a contribué à hauteur de 2 milliards FCFA via le projet régional de renforcement des systèmes de surveillance des maladies en Afrique centrale, et de 2,5 milliards FCFA à travers le projet de renforcement du système de santé Kolisa. Cette enveloppe a permis la construction du laboratoire, l’acquisition d’équipements de pointe et la mise en place d’installations adaptées pour la surveillance, le diagnostic et la réponse rapide aux maladies épidémiques.

Lors de l’inauguration par le Président de la République Denis Sassou N’Guesso, ce lundi 17 novembre 2025 à Pointe-Noire, Alexandra Célestin, la représentante du groupe de la Banque mondiale, a rappelé que ce laboratoire constitue « le deuxième du genre après celui de Brazzaville, et un maillon essentiel du dispositif national de sécurité sanitaire ».

L’INBVS arrive dans un contexte marqué par la persistance ou la résurgence d’épidémies telles que la fièvre jaune, le choléra, le monkeypox ou encore Ebola dans la sous-région. Selon la Banque mondiale, cette infrastructure traduit la volonté du Congo de tirer les enseignements des crises passées, notamment de la pandémie de COVID-19, et de renforcer ses capacités de prévention.

Pointe-Noire n’a pas été choisie au hasard : deuxième ville du pays et centre économique majeur, elle constitue un point stratégique pour la rapidité de dépistage et la coordination des réponses sanitaires.

*_« La santé est une valeur inestimable et elle exige des infrastructures capables de répondre rapidement aux menaces qui pèsent sur nos populations. Avec ce laboratoire de Pointe-Noire, nous franchissons une étape décisive. Il permettra de renforcer les capacités de diagnostic, d’améliorer la surveillance épidémiologique et surtout d’anticiper les crises sanitaires futures. Les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19 nous montrent qu’il est essentiel d’être préparés. Cet institut contribuera à une meilleure protection des Congolais et à une réactivité accrue face aux maladies émergentes ou récurrentes dans la sous-région »_ , a déclaré Alexandra Célestin, représentante de la Banque mondiale.*

La réalisation du laboratoire est le fruit d’une collaboration entre le Gouvernement congolais, la Banque mondiale et plusieurs partenaires de développement. La représentante a notamment salué la contribution du Fonds mondial, qui a financé une partie des équipements. Elle a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts dans d’autres domaines tels que la formation continue du personnel, le développement d’infrastructures complémentaires, l’amélioration de la qualité des soins et le renforcement de la lutte contre les maladies à potentiel épidémique.

L’INBVS s’inscrit dans la vision des autorités visant à moderniser le système de santé et à offrir un accès équitable aux services sanitaires sur l’ensemble du territoire. Pour la Banque mondiale, le renforcement du système de santé est indissociable de sa mission globale de réduction de la pauvreté et de construction d’économies solides.

Au-delà de l’appui des partenaires techniques et financiers, le Gouvernement souligne que l’ouverture de l’Institut national de biologie et de veille sanitaire marque un tournant stratégique dans la souveraineté scientifique du pays. Présent à la cérémonie, le ministre de la Santé, Jean Rosaire Ibara, a rappelé que ce laboratoire n’est pas seulement une avancée technologique, mais un outil structurant pour anticiper les risques sanitaires, renforcer la recherche biomédicale et former de nouvelles compétences nationales. Pour lui, l’INBVS symbolise l’entrée du Congo dans une nouvelle ère où la science devient un pilier du développement.

*_« L’inauguration de cet institut dépasse largement le cadre d’un simple bâtiment. Nous posons ici les bases d’une véritable souveraineté sanitaire, fondée sur la prévention, l’innovation et la maîtrise scientifique. Grâce à ses cinq laboratoires interconnectés, ce centre permettra d’améliorer le diagnostic, de renforcer la surveillance épidémiologique et de développer une recherche adaptée aux besoins de notre population. C’est un outil national, pensé pour protéger chaque Congolais et préparer notre pays aux défis sanitaires du XXIᵉ siècle »_ , a indiqué Jean Rosaire Ibara, ministre de la Santé et de la Population.*

À présent opérationnel, l’Institut national de biologie et de veille sanitaire doit encore relever un défi majeur : s’inscrire dans la durée. La Banque mondiale a appelé les autorités de tutelle, les équipes techniques et les partenaires à garantir une gestion exemplaire de l’infrastructure afin qu’elle devienne un véritable pilier du système sanitaire congolais. L’ambition est de transformer cet outil high-tech en un centre de référence, capable d’améliorer de manière mesurable les indicateurs de santé publique et de renforcer la résilience du pays face aux menaces épidémiologiques.