Dix ans après le référendum sur le Brexit, la question d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne revient dans le débat politique britannique. Le Premier ministre travailliste Andy Burnham a récemment estimé que Londres devait réévaluer ses relations avec Bruxelles, en laissant ouvertes plusieurs options, allant d’un rapprochement avec le marché unique et l’union douanière jusqu’à une éventuelle réadhésion à l’UE.

Le Royaume-Uni avait décidé de quitter l’Union européenne lors du référendum du 23 juin 2016, remporté par le camp du « Leave » avec 52 % des voix contre 48 %. Après plusieurs années de négociations, Londres a officiellement quitté l’UE le 31 janvier 2020. Une période de transition s’est poursuivie jusqu’au 31 décembre 2020, avant la mise en œuvre complète de la nouvelle relation entre les deux parties.

À l’époque, les partisans du Brexit mettaient notamment en avant la souveraineté nationale, la capacité du Royaume-Uni à contrôler ses règles et sa politique migratoire, ainsi que la possibilité de mener une politique commerciale indépendante. Dix ans plus tard, le débat s’est déplacé vers les effets économiques et pratiques de la sortie, notamment les échanges commerciaux, les déplacements, la mobilité professionnelle et les relations avec le marché européen.

L’évolution de l’opinion publique constitue également un élément important. Une enquête Ipsos publiée en juin 2026 indiquait que 52 % des Britanniques estimaient que le Royaume-Uni devrait demander à rejoindre l’UE, contre 33 % qui souhaitaient rester en dehors de l’Union. Dans une hypothèse de nouveau référendum, 58 % des électeurs susceptibles de voter se déclaraient favorables à une réadhésion. Ces chiffres ne constituent toutefois pas un mandat politique et peuvent évoluer.

Un éventuel retour ne pourrait cependant pas se faire simplement en annulant le Brexit. Le Royaume-Uni devrait déposer une nouvelle demande d’adhésion conformément à l’article 49 du traité sur l’Union européenne. La candidature devrait être examinée par les institutions européennes, puis négociée avec les États membres, avec l’objectif de satisfaire aux conditions d’adhésion et d’intégrer à nouveau l’ensemble des règles européennes applicables.

La procédure serait donc longue et politiquement complexe. L’adhésion nécessite notamment l’accord unanime des États membres au Conseil, le consentement du Parlement européen et la ratification de l’accord d’adhésion par les États concernés conformément à leurs règles constitutionnelles. Londres devrait également accepter les droits et obligations liés à son statut de membre, ce qui rendrait difficile une simple reproduction de ses anciennes conditions d’adhésion.

Pour l’Union européenne, l’enjeu serait également important. Un retour britannique pourrait renforcer la coopération économique, commerciale et stratégique avec l’une des principales puissances européennes, mais Bruxelles devrait déterminer les conditions d’une éventuelle réadhésion. Les discussions actuelles portent donc d’abord sur un rapprochement progressif : en 2026, l’UE et le Royaume-Uni ont déjà avancé sur certains dossiers, notamment l’électricité, la coopération et la participation britannique à Erasmus+ à partir de 2027.

Le débat sur le « Breturn » s’explique ainsi par une combinaison de facteurs : le dixième anniversaire du référendum de 2016, l’évolution d’une partie de l’opinion publique, les difficultés ou coûts attribués au Brexit par certains responsables politiques et la volonté de rapprocher Londres du marché européen. Mais une réadhésion reste, à ce stade, une hypothèse politique et non un processus d’adhésion officiellement lancé. Le véritable enjeu est désormais de savoir jusqu’où le Royaume-Uni souhaite aller dans son rapprochement avec l’UE et quelles conditions Bruxelles serait prêt à accepter.Si vous voulez, je peux aussi , avec un titre plus accrocheur, un chapeau journalistique et un angle « économie + politique européenne ».

La Rédaction