Le transport en commun en RDC, et plus particulièrement dans la ville-province de Kinshasa, est un véritable parcours du combattant. Quitter son domicile pour se rendre au travail et inversement relève d’un défi quotidien pour de nombreux habitants.
Face à cette situation préoccupante, l’État, qui ne dispose pas de ses propres moyens de transport en commun en quantité suffisante, demeure passif face à la toute-puissance des transporteurs privés, lesquels imposent leurs propres règles à une population déjà en grande difficulté.
Dans la capitale, le prix du transport en commun est fixé de manière arbitraire, selon les caprices du temps, de l’humeur du chauffeur ou de son convoyeur. À titre d’exemple, un trajet coûtant 1 500 francs congolais le matin peut grimper jusqu’à 5 000, voire 6 000 francs le soir, dès 15 heures. Ce qui est révoltant, c’est que cette flambée des prix se déroule sous les regards indifférents des autorités compétentes, censées réguler ce secteur.
Les tarifs des transports interurbains, pourtant officiellement établis par les autorités urbaines, sont systématiquement bafoués par des chauffeurs devenus les véritables maîtres de la route.
En l’absence de moyens de transport publics capables de concurrencer le privé et de soulager la population déjà accablée par un coût de la vie en constante hausse, l’État congolais choisit de fermer les yeux, préférant ne pas s’attaquer à ce secteur sensible.
Devant le silence assourdissant du pouvoir face à la souffrance infligée par les transporteurs privés, les Kinois se sentent abandonnés, livrés à eux-mêmes, ne sachant plus à quel saint se vouer.
Zéphyrin Pengume
