Depuis plusieurs jours, le prix des denrées alimentaires connaît une hausse alarmante sur le marché à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Cette situation est directement liée à la dégradation de la route nationale numéro 4 (RN4), qui entrave l’acheminement des marchandises vers cette ville.
Le tronçon de la RN4 entre Kisangani et Beni, est devenu un véritable cauchemar pour les transporteurs. Les récentes pluies ont transformé la voie en un champ de bourbiers, piégeant des centaines de camions chargés de produits alimentaires essentiels. Les conducteurs témoignent de longues attentes, parfois de plusieurs jours, entraînant la détérioration de leurs cargaisons.
« J’ai quitté Butembo il y a deux semaines et après quatre jours dans ce trou, tout mon chargement est avarié. Je ne sais plus comment je vais vivre », se plaint un camionneur.
Les commerçants qui parviennent à décharger leurs marchandises se retrouvent confrontés à une pénurie criante. Les produits encore utilisables sont rares, et les revendeurs n’ont d’autre choix que d’augmenter les prix. « Un kilo d’oignons qui coûtait 2000 ou 3000 francs congolais se vend aujourd’hui à 8 000 francs. Les haricots, eux, passent de 1 000 à 3 000 francs », explique une femme marchande qui souligne que cette flambée de prix crée un véritable fardeau pour les consommateurs.
Face à cette crise, les transporteurs et commerçants demandent au gouvernement d’accélérer l’asphaltage de la RN4. En janvier 2024, une première pierre avait été posée, mais depuis, les travaux n’ont pas avancé. Les conséquences de cette inaction se font sentir, aggravant la situation alimentaire des habitants de Kisangani. Les acteurs économiques espèrent une réponse rapide pour remédier à cette crise qui menace leur survie.
Ntumba Junias, stagiaire
