L’Angola poursuit sa stratégie d’ouverture au tourisme et aux affaires en facilitant l’entrée sur son territoire à plusieurs nationalités africaines. Grâce à son régime d’exemption de visa touristique, les ressortissants de 17 pays du continent peuvent désormais voyager en Angola sans visa préalable pour des séjours de courte durée. Parmi eux figurent notamment l’Afrique du Sud, le Maroc, le Rwanda, la Namibie, la Zambie ou encore le Botswana. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de renforcer l’intégration régionale et d’attirer davantage d’investissements et de visiteurs.

En revanche, la République démocratique du Congo ne figure toujours pas sur cette liste. Une absence qui interpelle, tant les deux pays partagent plus de 2 500 kilomètres de frontière, des échanges commerciaux importants et des liens humains étroits, notamment dans les provinces du Kongo Central, du Lualaba et du Haut-Katanga.

Cette exclusion soulève des interrogations sur l’état des relations migratoires entre Luanda et Kinshasa. Si les deux capitales entretiennent une coopération politique et sécuritaire relativement soutenue, notamment dans le cadre de la CIRGL et de la SADC, les questions liées à l’immigration irrégulière, au contrôle des frontières et au principe de réciprocité continuent d’influencer les politiques de visas de part et d’autre. Aucun document officiel angolais ne présente toutefois la RDC comme un pays « sanctionné » ; il s’agit d’un choix souverain de politique migratoire.

Pour les opérateurs économiques congolais, cette situation représente un frein. Les hommes d’affaires, transporteurs et commerçants qui se rendent régulièrement en Angola doivent continuer à accomplir des formalités administratives que leurs homologues de plusieurs autres pays africains n’ont plus à effectuer. Cette différence peut ralentir la mobilité et les échanges dans une région où l’intégration économique est pourtant présentée comme une priorité.

À l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) encourage une circulation plus fluide des personnes et des biens, l’absence de la RDC de ce dispositif angolais apparaît comme un paradoxe. De nombreux observateurs estiment qu’un accord bilatéral de facilitation des visas entre Kinshasa et Luanda constituerait un signal fort en faveur de l’intégration régionale et du développement des échanges entre les deux voisins.

Au-delà de la question des visas, ce dossier rappelle que l’intégration africaine ne se limite pas aux discours politiques. Elle passe aussi par des mesures concrètes facilitant la mobilité des citoyens. Pour la RDC, dont les liens économiques et humains avec l’Angola sont historiques, une éventuelle inclusion dans ce régime d’exemption constituerait une avancée importante, aussi bien pour les voyageurs que pour les acteurs économiques des deux pays.

La Rédaction