La déclaration de Jacinta Ngobese-Zuma continue de faire réagir en Afrique du Sud. La responsable du mouvement March and March a affirmé que les manifestations organisées par son organisation ne cibleront pas les ressortissants étrangers blancs. Selon elle, les actions du mouvement sont dirigées contre les immigrés noirs, qu’elle accuse d’être au cœur des préoccupations exprimées par une partie des communautés sud-africaines.

Pour Jacinta Ngobese-Zuma, les revendications de son mouvement trouvent leur origine dans les difficultés rencontrées par les habitants des quartiers populaires. Elle estime que la concurrence pour les emplois, les petits commerces et certaines opportunités économiques concerne principalement les étrangers africains installés dans ces zones, raison pour laquelle le mouvement concentre son discours et ses manifestations sur cette catégorie de migrants.

Cette prise de position a toutefois déclenché une vague de critiques. Des acteurs de la société civile, des défenseurs des droits humains et plusieurs observateurs estiment qu’une telle distinction, fondée sur la couleur de peau, risque d’alimenter davantage les tensions raciales et la xénophobie. Pour eux, la lutte contre l’immigration irrégulière doit s’appuyer sur le respect de la loi et non sur une sélection des personnes en fonction de leur origine ou de leur apparence.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’Afrique du Sud est régulièrement confrontée à des violences visant des ressortissants de plusieurs pays africains, notamment du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie et de la Somalie. Ces communautés sont souvent accusées d’être responsables de l’insécurité ou du chômage, des accusations qui demeurent fortement contestées et qui nourrissent un climat de méfiance.

Au-delà de la polémique, cette déclaration relance une question de fond : un pays peut-il renforcer le contrôle de son immigration tout en garantissant l’égalité de traitement entre tous les étrangers ? Pour de nombreux analystes, la réponse passe par une politique migratoire rigoureuse, mais également respectueuse des droits humains et des principes d’égalité inscrits dans la Constitution sud-africaine.

Alors que le débat prend de l’ampleur, les prochaines mobilisations du mouvement March and March seront scrutées avec attention.

Elles pourraient non seulement influencer le débat sur l’immigration en Afrique du Sud, mais aussi relancer, à l’échelle du continent, les discussions sur la libre circulation des personnes, la sécurité et la lutte contre toutes les formes de discrimination.

La Rédaction