Le prix Nobel de Paix Denis Mukwege réagit aux conditions entourant le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 21 septembre, il fait savoir que cette initiative ne répond pas, aux exigences d’un dialogue véritablement national.
Selon Denis Mukwege, le processus devrait être porté par un acteur neutre et précédé de mesures de décrispation politique. Il regrette notamment que l’initiative émane du pouvoir en place, alors que le pays demeure confronté à une situation sécuritaire particulièrement difficile ;
» Nous regrettons que cette initiative ne vienne pas d’un acteur neutre et qu’elle ne soit pas précédée de mesures de décrispation politique « , affirme-t-il.
Le prix Nobel de la paix 2018 estime également qu’un dialogue national devrait intervenir dans un contexte où la souveraineté de l’État serait rétablie sur l’ensemble du territoire national.
Cette position intervient alors que la RDC fait face à la persistance des violences armées dans plusieurs régions de l’Est.
Par ailleurs, Denis Mukwege appelle les autorités à reporter le débat sur la révision constitutionnelle.
Il invoque les articles 219 et 220 de la Constitution et estime qu’une telle démarche, dans le contexte actuel, pourrait contribuer à une nouvelle période d’instabilité institutionnelle.
Cette prise de position ajoute ainsi une voix critique au débat sur le dialogue national et sur l’agenda institutionnel du pouvoir, dans un contexte marqué à la fois par la crise sécuritaire et les discussions autour de l’avenir constitutionnel du pays.
Cette déclaration de Denis Mukwege intervient alors que la loi referendaire adoptée par le parlement a été renvoyée à la cour constitutionnelle pour une nouvelle lecture.
Zéphyrin Amboka Pengume
