Une information largement relayée sur les réseaux sociaux affirme que le Canada aurait interdit la prédication de l’Évangile de Jésus-Christ. Cette affirmation fait référence à une nouvelle loi canadienne sur la lutte contre la haine, mais elle ne correspond pas au contenu réel du texte adopté.
La Loi visant à lutter contre la haine, adoptée en juin 2026, modifie le Code criminel canadien. Elle renforce notamment les dispositions relatives aux crimes haineux, à l’intimidation et à la promotion volontaire de la haine contre des groupes identifiables. La loi est entrée en vigueur le 18 juillet 2026.
Le texte a notamment suscité des interrogations parce qu’il abroge une ancienne disposition permettant, dans certaines affaires de propagande haineuse, d’invoquer une opinion religieuse exprimée de bonne foi comme moyen de défense. Cette modification a été présentée par certains internautes comme une restriction de la liberté de prêcher.
Mais le ministère canadien de la Justice affirme explicitement que cette suppression ne criminalise pas l’expression religieuse et ne limite pas la possibilité d’exprimer ses croyances religieuses de bonne foi. La liberté de religion et la liberté d’expression restent protégées par la Charte canadienne des droits et libertés.
Le gouvernement précise même que les sermons, les enseignements religieux, la lecture des textes sacrés et la prédication ne sont pas visés lorsqu’ils sont communiqués de bonne foi. La loi exige, pour les infractions concernées, une volonté claire de fomenter la haine contre un groupe identifiable.
Le texte contient également une clarification importante : une déclaration religieuse, politique, scientifique ou éducative sur une question d’intérêt public ne constitue pas en elle-même une infraction lorsqu’elle n’est pas utilisée pour promouvoir volontairement la haine.
La loi vise donc principalement certains comportements considérés comme criminels : l’intimidation ou l’entrave à l’accès aux lieux religieux, les crimes motivés par la haine et la promotion volontaire de la haine dans les circonstances prévues par le Code criminel. Elle ne constitue pas une interdiction générale de parler de Jésus-Christ ou de prêcher la Bible.
En définitive, le Canada n’a pas interdit de prêcher l’Évangile. La polémique provient surtout d’une interprétation de nouvelles dispositions sur la propagande haineuse et de la suppression d’une ancienne défense religieuse. Les textes officiels canadiens sont explicites : la prédication, la lecture de la Bible et l’expression des convictions religieuses de bonne foi demeurent autorisées.
