Le Gouvernement congolais a plutôt détourné ces indemnisations résultant en réalité de la plainte de la RDC portée en février 1999 auprès de la Cour internationale de justice pour agression rwandaise, burundaise et ougandaise perpétrée en août et septembre 1998 et non en juin 2000 au travers de la Guerre des Six Jours survenue à Kisangani*
*ABUS DE LA CONFIANCE DES MÉDIAS CONGOLAIS*
Plusieurs médias congolais parus les 1er et 2 octobre 2026 ont rapporté les échanges du ministre de la Justice et Garde des Sceaux avec les élus du Caucus * »Grande Orientale »* réunissant les provinces de La Tshopo, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et de l’Ituri.
Le message a porté sur la transformation de la victoire judiciaire obtenue à la Cour Internationale de la Justice (CIJ) « en réparations concrètes » pour les ressortissants de ces provinces.
À l’origine : les indemnisations versées par l’Ouganda à la RDC.
Les médias congolais ont appris de cet échange qu’ _ »Avec une enveloppe initiale de 120 millions de dollars US allouée aux réparations collectives via le FRIVAO (Fonds spécial de répartition de l’indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC), le Gouvernement scelle un pacte de transparence, de traçabilité et de cohésion sociale avec les représentants du peuple, bien décidé à ce que chaque centime serve enfin à la reconstruction, à la mémoire et à la dignité recouvrée des communautés meurtries_ ».
En vérité, tout est faux dans cette presentation des faits.
*TÉMOIGNAGE DE L’ONU INFO*
En effet, dans sa livraison du 9 février 2022, *ONU Info* avait publié l’information selon laquelle _ »L’Ouganda doit payer à la République démocratique du Congo (RDC) 325 millions de dollars de réparations liées au conflit brutal entre les deux nations de 1998 à 2003, a décidé mercredi la plus haute juridiction de l’ONU_ », avant d’ajouter plus loin :_ »La RDC a initialement déposé l’affaire devant la CIJ en juin 1999, citant des actes d’agression armée perpétrés par l’Ouganda sur son territoire «en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et de la Charte de l’Organisation de l’unité africaine_».
Ceci comme première source.
*TEMOIGNAGE DE LA COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE*
Comme seconde source : la documentation disponible sur le siteweb de la Cour Internationale de Justice.
Sur les * »Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du Congo c. Ouganda)* et sous le titre * »VUE D’ENSEMBLE DE L’AFFAIRE »*, il ressort que _ »Le 23 juin 1999, la République démocratique du Congo (RDC) a déposé au Greffe de la Cour des requêtes introductives d’instance contre le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda «en raison d’actes d’agression armée perpétrés en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et de la Charte de l’Organisation de l’Unité africaine_».
La source poursuit : _ »Outre la cessation des actes allégués, le Congo a demandé l’obtention d’une réparation pour les actes de destruction intentionnelle et de pillage, ainsi que la restitution des biens et ressources nationales dérobés au profit des Etats défendeurs respectifs_ ».
*TROIS FAITS INTÉRESSANTS*
Les faits à retenir sont les suivants :
1.FRIVAO (Fonds spécial d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC) a été créé le 13 décembre 2019 par décret n°19/20. Il est placé sous la tutelle du ministère de la Justice et Garde des Sceaux.
2.La première des cinq tranches des indemnisations ougandaises, soit USD 65 millions, a été effectuée en septembre 2022. Jusqu’en 2024, les versements opérés ont atteint USD 195 millions. Depuis, silence plat sur la 4ème tranche pour 2025 et la 5ème et dernière tranche pour 2026.
3.L’Exécutif national a mis sur pied *FONAREV* (Fonds national des réparations des victimes) le 26 décembre 2022 sur base de la loi n° 22/065, soit trois mois après l’encaissement de la première tranche. Cet établissement public a été placé sous la tutelle du ministère des Droits humains.
À partir de là, l’élément important à retenir est qu’aussitôt le versement assuré, le Gouvernement a résolu de l’affecter aux victimes de la Guerre des 6 jours pourtant survenue, elle, à Kisangani du 5 au 10 juin 2000, soit une année presque après la plainte de la RDC auprès de la CIJ.
Pour rappel, cette guerre avait mis aux prises deux armées étrangères : le FPR pour le Rwanda et l’UPDF pour Ouganda, l’une sous le couvert du RCD, l’autre du MLC.
À la lumière de ce qui précède, le Gouvernement a fait exprès de priver les victimes de l’agression d’août-septembre 1998 des indemnisations qui leur revenaient de plein droit.
*FRIVAO ET FONAREV CHARRIENT LA MALÉDICTION. ILS ONT TOUT FAUX*
Depuis, aucun député national ni sénateur, aucun activiste des Droits de l’homme n’ose interpeller le ministère de la Justice et Garde des Sceaux pour savoir pourquoi et comment des indemnisations liées à une plainte de 1999 à la suite d’une guerre de 1998 sont-elles affectées à un conflit surgi un an après, en 2000 !
Comme on peut le réaliser, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa ne peut nullement transformer la victoire judiciaire obtenue à la CIJ en réparations concrètes pour la Grande Orientale car il y a, dans le chef du Gouvernement auquel il appartient, détournement avéré des versements effectués par l’Ouganda. Partant, les élus de la Grande Orientale ne devraient pas donner leur caution à une opération non seulement illégale et illicite, mais plus inhumaine et discriminante.
On pourrait même avancer qu’avec la condamnation de l’ex-ministre de la Justice et Garde des Sceaux Constant Mutamba, FRIVAO et FONAREV charrient la malédiction et, avec eux, tous les gestionnaires et tous les bénéficiaires qui en font leur vache à lait !
Ils ont tout faux…
*PROCHAINEMENT : *_RDC, pays sans date de création, donc sans cordon ombilical !_*
Omer Nsongo die Lema*
