*Des événements qui se sont produits entre le 5 et le 12 octobre 2026 aux plans diplomatique, politique et sécuritaire se caractérisent par un enchaînement ou un déchaînement troublant d’éléments*.

*DRÔLE DE SEMAINE*

Tenez :
*1.Lundi 5 octobre* : arrivée à Goma du Panel des facilitateurs de l’Union africaine (3 des 5 anciens chefs d’État qui le composent). Objectif : rencontrer le leadership de l’AFC-M23 ;
*2.Mercredi 7 octobre* : séjour du même Panel à Kigali. Objectif : rencontrer le chef de l’État rwandais Paul Kagame ;
*3.Jeudi 8 octobre* : arrivée du Panel à Kinshasa. Objectif : rencontrer Félix Tshisekedi. Reçu en audience d’abord le vendredi 9, ensuite le samedi 10 octobre.
*-4. Vendredi 9 octobre* : pendant que le Panel est à Kinshasa, Joseph Kabila prononce son discours. Il annonce l’imminence des actions qu’il entend mener avec le peuple pour, selon ses dires, _ »répondre à la gravité et à l’urgence de la situation, et ainsi sauver la République Démocratique du Congo, notre beau et cher pays_ ». Coïncidence ou pas, il réussit son coup.
*-5. Lundi 12 octobre* : Joseph Kabila passe à l’acte. De Goma, il lance le mouvement insurrectionnel FRN (Front pour la Refondation de la Nation) dont il prend la tête.
Ainsi, les Congolais viennent de vivre une drôle de semaine de nature à recomposer largement et profondément l’environnement politique.

*D’ICI À LA FIN DE LA SEMAINE EN COURS, ON EN APPRENDRA DAVANTAGE*

D’abord au sein de sa famille politique sont enregistrées des démissions, s’il faut s’en remettre à Steve Wembi. En priorité au Pprd. Normal : ceux qui sont dans la partie du pays sous contrôle du Gouvernement ne peuvent que se préoccuper de leur sécurité physique et sociale. S’afficher pro-Kabila n’est pas recommandé.
Ensuite au sein de l’Opposition politique, toutes tendances confondues. Quelques Jeunes Turcs jusque-là pro-Kabila sont partants.
Enfin au sein de « Sauvons la RDC » où, jusqu’au moment où cette chronique est publiée, aucune démission n’est encore signalée. Au contraire, la première réaction est plutôt favorable au basculement. C’est vrai que l’intéressé est en exil.
D’ici à la fin de la semaine en cours, on en apprendra davantage !

*TOUT PEUT ARRIVER DANS UN SENS OU DANS UN AUTRE*

Entre-temps, il y a des préoccupations… diplomatiques *ultrasensibles*.
Peut-on, en effet, croire que le Panel des facilitateurs de l’Union africaine n’ait rien su de ce qui vient de se produire à Goma alors que du lundi 5 au samedi 10 octobre 2026, il a circulé dans la sous-région ? Pour information, après Kinshasa (RDC), il s’est rendu en Ouganda et au Burundi.
Peut-on penser que les chefs d’État de la SADC, de l’EAC et même de la CEEAC n’en aient vraiment pas eu vent ?
Peut-on admettre que l’Union africaine, actuellement présidée par le burundais Evariste Ndayishimiye, pourtant proche de Félix Tshisekedi, ait tout ignoré ?
Si au niveau de l’organisation continentale ou à celui des organisations régionales et sous-régionales quelqu’un a appris quelque chose par rapport à ce qui se tramait, c’est que New-York pour l’Onu et Bruxelles pour l’UE et l’Otan, en plus de Washington, Paris, Londres, Vatican, Tel Aviv, Beijing, Ankara et même Doha devaient avoir été mis dans la confidence.
Reste à savoir si les partenaires multilatéraux et bilatéraux au courant de l’initiative en ont informé à leur tour la RDC ! Si cela n’en est pas le cas, alors tout peut arriver dans un sens ou dans un autre avec leur « caution ».

*PROCESSUS DE DOHA : UNE NOUVELLE DIMENSION. LA VRAIE*

Ce qui, pour l’instant, va certainement arriver – point n’est besoin d’être prophète pour l’admettre – c’est que le Dialogue national connaîtra un vrai coup d’accélérateur avec des « concessions » importantes du côté du Président Félix Tshisekedi interdit de commettre l’erreur de Mobutu à l’apparition de l’Afdl en octobre 1996, ni celle de Pascal Lissouba en juin 1997 à la réapparition des « Cobras » de Denis Sassou-Nguesso.
Dans la foulée, certains schémas – comme celui du changement de la Constitution avec référendum (même sans le Nord et le Sud-Kivu au complet) pourraient ne plus être de mise.
En effet, personne de raisonnable ne voit le chef de l’État s’en tenir à sa position initiale, c-à-d continuer à bouder, d’un côté, le Pacte Social CENCO-ECC, de l’autre les revendications de C64.
Félix Tshisekedi serait même tenté de nettoyer ses écuries.
Pendant que les têtes brûlées vont continuer à s’emballer dans les réseaux sociaux comme elles savent bien le faire, les têtes pensantes, elles, commencent plutôt à scruter la météo, cherchant à deviner sous quelle forme viendra le prochain coup, et comment y parer.
Il se constate au moins qu’à l’Ordre institutionnel prônant un * »Dialogue national pour la Paix, la Cohérence et la Refondation »*, l’Ordre insurrectionnel oppose un * »Front pour la Refondation de la Nation »*. D’où la mise en exergue du concept * »Refondation »*.
En attendant, le Processus de Doha – puzzle important pour le Processus de Washington disait Massad Boulos – prend une autre dimension. Sa vraie dimension.
Le 12 avril 2026, * »BALISES »*, dans sa livraison N°2026-034, prévenait l’opinion avec ce titre : * »Conséquence de l’interview de Kagame : la Présidence de la RDC actuelle négocie donc avec l’ex-Présidence de la République ! »*
Nous y sommes, et encore de plain-pied…

Omer Nsongo die Lema