Le forum de paix consacré à la problématique des éléments des Allied Democratic Forces (ADF) s’est ouvert lundi 23 février 2026 à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette rencontre réunit diverses forces vives, notamment des structures de la société civile, des ONG, des députés nationaux, des autorités civiles et militaires ainsi qu’une délégation venue de l’Ouganda.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, en séjour dans la région. Dans son allocution, il a souligné la portée stratégique de ces assises.

«Depuis le 19 février, je tenais à me rendre personnellement dans plusieurs entités de la province du Nord-Kivu, notamment ici à Beni, afin de m’imprégner de la situation et d’écouter les autorités locales de défense et de sécurité, ainsi que des compatriotes directement touchés par ces tragédies», a-t-il déclaré.

Il a ajouté que ce forum constitue «un cadre de convergence des analyses, de mutualisation des expériences et d’élaboration des réponses concertées devant aboutir à des recommandations opérationnelles susceptibles d’établir un plan provincial intégré de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent».

Dans un discours poignant, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-major Kakule Somo Evariste, a rappelé les tragédies qui ont marqué la ville de Beni et ses environs. Évoquant les massacres perpétrés dans les champs, les églises et les écoles, il a cité plusieurs dates sombres, notamment le 13 août 2016 au quartier Rwangoma à Beni, ainsi que les attaques du 16 au 17 juin 2023 en Ouganda, où des élèves ont été brûlés vifs dans leurs écoles.

Le gouverneur a insisté sur la nature terroriste des ADF : «Les ADF ne sont pas un groupe rebelle comme les autres. Ce sont des terroristes. Depuis 2019, ils ont prêté allégeance à l’État islamique.»

Selon lui, des rapports d’experts des Nations unies publiés en 2023 documentent un financement international transitant par plusieurs pays africains, ainsi qu’un projet d’expansion vers d’autres provinces de la RDC. Il a également dénoncé les enlèvements, l’esclavage sexuel et les tentatives de division entre la population, les Forces armées et les casques bleus de la Monusco.

«L’ennemi a réussi à nous opposer les uns contre les autres (…) Il faut avoir le courage de nous regarder dans le miroir», a-t-il martelé, appelant à une introspection collective sur les faiblesses et responsabilités dans la lutte contre ce phénomène.

Parmi les députés nationaux présents figuraient notamment Kiyaya Atsongya et Jules Mathe. Ils ont salué l’initiative et exhorté les différentes parties prenantes à veiller à la mise en œuvre effective des résolutions qui seront adoptées à l’issue du forum.

Ils ont également appelé les autorités compétentes à prendre en compte l’ensemble des recommandations formulées par les participants, afin que ces assises ne restent pas lettre morte. Ce forum, débuté ce lundi, se clôturera le mercredi 25 février 2026.

Gires Kasongo