Le journaliste et écrivain Serge Mulimani a procédé, le dimanche 25 janvier, au vernissage de son nouveau roman intitulé « Ce que la guerre n’a pas tué », en ville de Beni dans la province du Nord-Kivu. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs écrivains et acteurs culturels de la région, témoignant de l’intérêt porté à cette œuvre littéraire profondément ancrée dans la réalité de l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans cet ouvrage, l’auteur revient sur les lourdes conséquences de la guerre, marquées par la perte d’êtres chers, la destruction des biens et l’effondrement des économies familiales. Au-delà de ces tragédies, Serge Mulimani met en lumière un élément fondamental qui, selon lui, demeure intact malgré les violences : la résilience des populations affectées.

« La guerre nous a tout pris. Elle m’a pris des frères et sœurs, des amis, des économies. J’ai même fui de chez moi. Mais il y a quelque chose que cette guerre n’a pas su prendre : c’est la résilience », a-t-il déclaré lors de la présentation du livre.

Il ajoute que, malgré les déplacements forcés, les populations refusent d’abandonner définitivement leurs terres. Pour l’auteur, « au-delà de la guerre, il y a la vie, et tout ce que la guerre n’a pas su tuer, c’est aussi la vie. Nous devons donc la capitaliser ».

Le roman met en scène Rosette, un personnage central choisi pour incarner les souffrances vécues par de nombreuses victimes de conflits armés. Violée, orpheline après l’assassinat de ses parents, ayant perdu son village entièrement détruit, Rosette trouve refuge dans une ville imaginaire baptisée 2go.

C’est là qu’elle fonde une ONG fictive nommée « Souviens-toi », symbole du devoir de mémoire.

« Nous devons refuser d’oublier pour que les maux que nous subissons aujourd’hui soient transmis aux générations futures. Nous devons aussi refuser que d’autres écrivent notre histoire à notre place », a insisté Serge Mulimani.

L’ouvrage a été chaleureusement accueilli par la corporation des écrivains de Beni. Le Chef des Travaux Charles Kalwaghe a salué l’initiative de l’auteur, l’encourageant à poursuivre son engagement littéraire et appelant la population à lire ce livre qu’il juge d’une grande importance pour la mémoire collective et la compréhension des réalités locales.

Le roman « Ce que la guerre n’a pas tué » est actuellement disponible en quantité suffisante à un prix jugé très abordable. En ville de Beni, il peut être obtenu notamment à la Radio Télévision Rwanzururu (RTR/Beni), située au rond-point Nyamwisi.

 

Gires Kasongo