Médecins Sans Frontières (MSF) Hollande a organisé, mardi 21 juillet 2026, une visite guidée à l’intention des journalistes sur le chantier du futur Centre de traitement Ebola (CTE) en construction au stade des Soeurs Orantes, en ville de Beni, au Nord-Kivu. Cette infrastructure sanitaire, réalisée en partenariat avec le ministère de la Santé, vise à renforcer les capacités de prise en charge des patients face à l’évolution de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

Au cours de cette visite, le responsable médical de MSF à Beni, Patient Kighoma, a expliqué que la construction de ce nouveau centre relève avant tout d’une démarche d’anticipation. Selon lui, bien que la zone de santé de Beni dispose déjà d’un Centre de traitement Ebola de 20 lits à l’Hôpital général de référence, les tendances actuelles de l’épidémie imposent de se préparer à une éventuelle augmentation du nombre de patients.

« Une épidémie est une question de santé publique qui exige de la prévoyance. Aujourd’hui, nous ne savons pas comment la situation va évoluer. Si demain le nombre de cas augmente, disposer d’un centre déjà opérationnel constituera un atout majeur », a-t-il indiqué.

Le futur centre aura une capacité initiale de 32 lits. D’après MSF, cette extension des capacités intervient alors que l’épidémie, dont l’épicentre demeure la province de l’Ituri, enregistre également une progression des cas confirmés au Nord-Kivu.

Au-delà des infrastructures, le responsable médical a insisté sur l’importance de l’engagement communautaire dans la lutte contre Ebola. Il a lancé un appel aux organisations de jeunes, aux associations et aux structures de la société civile afin qu’elles s’impliquent davantage dans les activités de sensibilisation et de riposte.

« La maladie est réelle, même si certaines personnes continuent d’en douter. Chaque jour, des décès sont enregistrés. Si la population s’approprie la riposte, nous pourrons mettre fin à cette épidémie », a-t-il déclaré.

Patient Kighoma a rappelé que la priorité consiste à empêcher les personnes en bonne santé d’être contaminées, grâce à la diffusion des messages sur les modes de transmission, les symptômes et les mesures de prévention. Il a également souligné l’importance d’isoler rapidement les personnes infectées afin d’interrompre la chaîne de transmission.

Il a toutefois tenu à rassurer la population sur la prise en charge dans les centres spécialisés. « L’isolement ne signifie pas que les malades sont abandonnés. Ils y reçoivent gratuitement des soins appropriés. Ebola est une maladie qui peut être guérie lorsqu’elle est prise en charge à temps », a-t-il affirmé.

Le responsable médical a enfin précisé que les chambres du futur centre ont été conçues pour permettre aux proches de garder un contact visuel avec les patients, dans le respect des mesures de sécurité, afin de préserver le lien familial durant la période de traitement.

Gires Kasongo