Le procès d’Eli Ndatuje, agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), s’est ouvert en septembre 2026 en Alberta. Le policier fait face à plusieurs accusations, notamment pour divulgation non autorisée d’informations au gouvernement rwandais, abus de confiance et utilisation non autorisée d’un ordinateur. Le Service des poursuites pénales du Canada confirme officiellement l’existence de ces accusations.

L’affaire remonte à avril 2022. Selon l’accusation, Ndatuje aurait effectué une recherche dans le Centre d’information de la police canadienne, le CPIC, puis aurait communiqué des informations obtenues à la suite de cette recherche. Le Rwanda est identifié par les autorités canadiennes comme le gouvernement étranger auquel les informations auraient été communiquées.

L’enquête a conduit à son arrestation en février 2024. À l’époque, la GRC avait précisé que les informations concernées provenaient d’un système policier qui n’était pas classifié « Top Secret ». Les autorités canadiennes avaient néanmoins considéré l’affaire suffisamment sérieuse pour engager des poursuites au titre de la législation sur la protection des informations.

Devant le tribunal, la défense conteste l’interprétation donnée aux actes du policier. Son avocat affirme que Ndatuje avait effectué la recherche dans le cadre de la disparition d’une employée de maison travaillant à la résidence de l’ambassadeur du Rwanda à Ottawa. Selon cette version, le policier aurait voulu vérifier si cette personne avait été signalée comme disparue. Elle a par la suite été retrouvée saine et sauve.

Les débats ont également établi que Ndatuje avait eu des contacts avec la Haute Commission du Rwanda au Canada. Un responsable d’Affaires mondiales Canada a notamment témoigné que le haut-commissaire rwandais avait contacté le ministère au sujet de la disparition de l’employée. La défense soutient toutefois que ces contacts ne démontrent pas une opération d’espionnage et que rien ne prouve que Ndatuje aurait agi sur instruction des autorités rwandaises.

Le procès doit permettre de déterminer si les accusations portées contre l’agent de la GRC sont établies au-delà du doute raisonnable. Eli Ndatuje plaide non coupable et demeure présumé innocent jusqu’à une éventuelle décision de culpabilité. Les affirmations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles il aurait dérobé toute la base de données de la police canadienne ou qu’il aurait agi pour identifier des opposants rwandais ne sont, à ce stade, pas établies par les éléments judiciaires rendus publics.

La Rédaction