Réponse du berger à la bergère, le président de la commission PAJ de l’Assemblée nationale répondant aux préoccupations soulevées sur la loi organique portant fonctionnement de la CENI, dénonce la politisation à outrance des confessions religieuses ainsi que la société civile dans leur prise de position sur ladite loi organique.
Dans une interview accordée à 24 News ce dimanche 13 juin 2021, André Mbata, tout en reconnaissant le rôle majeur que jouent la société civile ainsi que les confessions religieuses dans la vie politique de la RDC, appelle cependant ces dernières à plus de réserve dans leur participation directe à cette vie.
«Nous aimons et adorons ce que font nos pères spirituels et leur façon d’agir, mais il faut rappeler que la société civile ainsi que les confessions doivent être dépolitisées d’abord avant de parler de la dépolitisation de la CENI qui est impossible au regard du rôle éminemment politique qu’elle joue et dont les membres sont entérinés par les politiques (députés et président) que nous sommes», a fait observer le constitutionnaliste congolais.
André Mbata fait par ailleurs observer que l’indépendance de la CENI évoquée à l’article 224 de la constitution de la République démocratique du Congo, relève d’une utopie dans la mesure où explique-t-il, “les membres de la centrale électorale sont désignés et entérinés par les députés nationaux qui sont (politiques), avant d’être promulgués par le président de la République qui est une institution purement politique”.
Le constitutionnaliste rappelle par ailleurs que plusieurs innovations ont été apportées dans la nouvelle loi organique malgré les contestations et remous enregistrés après le vote par les deux chambres du parlement de ladite loi.
«Il y a beaucoup d’innovations dans cette loi, ce que les gens n’aiment dire. Lorsque vous êtes désigné membre du bureau de la CENI par exemple, vous cessez d’appartenir à votre formation politique, ce qui n’existait pas au début», a fait savoir Le président de la commission PAJ de l’Assemblée nationale.
Rappelons que dans une déclaration commune samedi 12 juin dernier, les Églises catholique et protestante ont critiqué sévèrement la loi organique portant fonctionnement de la CENI telle que votée par les deux chambres du parlement, et ont par ailleurs appelé le peuple à défendre sa souveraineté avant de formuler 8 recommandations qui selon elles, doivent être prises en compte pour espérer des élections crédibles en 2023.
Le conseil national de la société civile quant à lui, avait fait exigé la prise en compte de son référentiel remis à toutes les autorités du pays sur des réformes électorales.
Faustin Kalenga
