Dans le cadre de la présidence de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, le jeudi 9 juillet, une réunion consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits.

Dans son intervention, la cheffe du Gouvernement congolais a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour mettre fin à l’utilisation des violences sexuelles comme méthode de guerre par les groupes armés.

Elle a insisté sur le fait que ces crimes ne sont pas de simples conséquences des affrontements, mais des actes délibérés visant à terroriser les populations, provoquer des déplacements forcés et détruire le tissu social des communautés.

S’appuyant sur le dernier rapport de Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit, Judith Suminwa a souligné une augmentation préoccupante des cas documentés. Elle a établi un lien entre cette recrudescence des violences et l’occupation de certaines zones de l’Est de la RDC par des groupes armés, ainsi que par des forces étrangères, notamment le Rwanda. Selon elle, ces exactions s’inscrivent dans un système alimenté par les économies illicites liées à l’exploitation des ressources naturelles.

La Première ministre a également mis en avant les efforts entrepris par le Gouvernement congolais, sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, pour renforcer la prise en charge des victimes. Elle a notamment cité le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), présenté comme un instrument essentiel pour assurer la réparation, l’accompagnement et la réinsertion des survivantes.

En clôturant son intervention, Judith Suminwa a exhorté le Conseil de sécurité à traduire ses engagements en actions concrètes afin que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes et que les victimes obtiennent enfin justice.

Ce plaidoyer remet la lutte contre les violences sexuelles au cœur des priorités internationales en matière de paix et de sécurité en République démocratique du Congo.

À travers cette intervention, la cheffe de l’exécutif congolais a lancé une véritable sonnette d’alarme à la communauté internationale, l’appelant à passer des déclarations de condamnation à des actions concrètes pour mettre fin aux violences sexuelles commises dans les conflits armés.

Zéphyrin Amboka Pengume