Invité ce mardi 8 septembre sur le plateau de TV5MONDE, l’opposant congolais Augustin Matata Ponyo est revenu sur plusieurs sujets de l’actualité politique et judiciaire en République démocratique du Congo. Il a notamment plaidé pour la mise en place d’un dialogue national qu’il souhaite « véritablement inclusif ».

Pour l’ancien Premier ministre, toute initiative destinée à rechercher une sortie de crise ne pourrait, selon lui, être pleinement crédible si elle excluait certaines des parties prenantes à la crise politique et sécuritaire que traverse le pays.

Dans cette perspective, le président du parti LGD réclame notamment la participation de l’ancien président Joseph Kabila, de l’AFC/M23 ainsi que de la plateforme politique Sauvons la RDC.

 « Le dialogue doit inclure tous ceux qui sont parties prenantes : l’ancien Président, l’AFC/M23 et Sauvons la RDC », a-t-il déclaré.

Matata Ponyo estime ainsi que les discussions ne devraient pas se limiter aux acteurs proches du pouvoir. Selon lui, l’élargissement des participants permettrait de donner une portée plus large à la recherche d’une solution à la crise congolaise.

Matata Ponyo conteste également sa condamnation

Au cours de la même intervention, l’ancien Premier ministre est également revenu sur sa condamnation par la justice congolaise, qu’il qualifie de « scandale judiciaire ». Il affirme que plusieurs dispositions de la Constitution auraient été violées au cours de la procédure ayant conduit à sa condamnation.

« Ma condamnation est un scandale judiciaire qui est allé au-delà des frontières judiciaires », a-t-il déclaré, mettant directement en cause, selon ses propres termes, la Cour constitutionnelle et la Cour de cassation.

Matata Ponyo affirme également avoir été jugé, non pas sur la base des lois congolaises, mais sur ce qu’il qualifie de « lois tribalo-ethniques » qu’il présente comme proches du pouvoir en place. Ces déclarations constituent ses propres accusations et n’établissent pas, à elles seules, la réalité de ces faits.

Poursuivant sa critique, le président du LGD affirme que la justice congolaise aurait perdu son indépendance, allant jusqu’à déclarer que « la justice est inexistante » en RDC. Il relie par ailleurs ses déboires judiciaires à ce qu’il présente comme son refus de collaborer avec le régime de Félix Tshisekedi, qu’il accuse de corruption.

Sur le plan politique, Matata Ponyo estime enfin que le contexte actuel nécessite une concertation beaucoup plus large entre les différents acteurs. Il considère qu’un dialogue national devrait réunir les forces politiques et les parties prenantes susceptibles, selon lui, de contribuer à une solution durable à la crise congolaise.

Zéphyrin Amboka Pengume