Les États-Unis et la Chine cherchent à éviter une nouvelle escalade commerciale à quelques jours de la rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington. Selon les informations disponibles, la trêve commerciale actuelle doit expirer le 10 novembre 2026. Washington envisagerait une prolongation d’environ six mois, tandis que Pékin souhaiterait un accord plus durable. Aucun prolongement définitif n’a toutefois encore été confirmé.

Cette trêve est le résultat de plusieurs mois de confrontation tarifaire. Depuis 2025, les deux puissances ont imposé puis réduit plusieurs droits de douane, avec des mesures de rétorsion chinoises portant notamment sur les terres rares. L’objectif actuel est de transformer cette pause en cadre commercial plus stable, sans pour autant régler les différends structurels sur les technologies, les exportations, les capacités industrielles chinoises et le déficit commercial américain.

Le coût économique de la confrontation est important, même s’il est difficile de donner un montant unique correspondant à « la facture » de la guerre commerciale. Les droits de douane renchérissent directement certaines importations et perturbent les chaînes d’approvisionnement. À l’inverse, leur suppression ou leur réduction représente aussi un manque à gagner pour les recettes douanières américaines. Les deux pays discutent actuellement d’un ensemble de réductions tarifaires qui pourrait représenter environ 30 milliards de dollars de droits de douane en moins des deux côtés, notamment dans l’énergie et l’agriculture.

L’un des dossiers les plus sensibles concerne les terres rares, indispensables à l’électronique, aux véhicules électriques, aux technologies avancées et à certaines industries de défense. La Chine dispose d’une position dominante dans leur chaîne de production et surtout dans leur raffinage. Cette dépendance constitue un levier pour Pékin et explique en partie la prudence de Washington à l’approche du sommet.

L’enjeu dépasse donc largement les seuls droits de douane. Washington cherche notamment à limiter certaines dépendances vis-à-vis de la Chine et à défendre ses intérêts dans les technologies stratégiques, tandis que Pékin veut préserver ses débouchés commerciaux et obtenir un environnement extérieur plus stable. Les discussions devraient également toucher aux semi-conducteurs, à l’intelligence artificielle, aux terres rares et, plus largement, aux chaînes mondiales d’approvisionnement.

Pour les États-Unis, une prolongation de la trêve offrirait davantage de visibilité aux entreprises et aux consommateurs, tout en évitant une nouvelle flambée des coûts liés aux importations chinoises. Pour la Chine, elle permettrait de conserver l’accès au marché américain tout en poursuivant ses échanges avec le reste du monde. Le contexte est d’autant plus sensible que les exportations chinoises restent très dynamiques : Reuters rapporte que le surplus commercial chinois s’est fortement accru, ce qui constitue précisément l’un des sujets de préoccupation de Washington.

La rencontre Trump-Xi du 24 septembre à Washington apparaît ainsi comme une étape importante, mais pas nécessairement comme le moment d’un règlement définitif. Les deux dirigeants peuvent chercher avant tout à stabiliser la relation et à gagner du temps sur les dossiers les plus conflictuels. La question centrale sera donc de savoir si cette nouvelle prolongation constitue un véritable chemin vers un accord commercial durable ou simplement une nouvelle pause dans la rivalité économique entre les deux premières puissances mondiales.

Claude Jovial Wendy