Le ministre d’État, chargé de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a ordonné, lundi 7 septembre, l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire après l’agression du magistrat Ikobia Bahati, procureur de la République faisant fonction de chef du parquet près le Tribunal de paix de Makiso, à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
Selon les informations communiquées, l’incident serait survenu lors d’une opération menée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), agissant sur instruction de leur commissaire supérieur. Les policiers auraient entrepris de démolir la clôture en tôles d’une parcelle, estimant qu’elle empiétait sur le domaine public.
L’intervention aurait rapidement dégénéré en altercation, au cours de laquelle le magistrat aurait été physiquement pris à partie et frappé. Les images de l’agression, devenues virales sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive réaction du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Dans une déclaration, le CSM s’est dit « stupéfait » par les faits et a fermement condamné tout acte de violence, de menace ou d’intimidation à l’encontre d’un magistrat. L’institution rappelle que les magistrats bénéficient d’une protection particulière de l’État dans l’exercice de leurs fonctions.
Par la voix de son secrétaire permanent, Télesphore Nduba Kilima, le CSM a appelé à l’établissement rapide des responsabilités et à l’application de sanctions sévères contre les auteurs présumés des violences.
L’enquête ordonnée par le ministre de la Justice devra notamment permettre de déterminer les circonstances exactes de l’incident, les responsabilités individuelles ainsi que la légalité de l’opération ayant conduit à la destruction de la clôture.
L’affaire intervient dans un contexte où les autorités judiciaires réaffirment la nécessité de garantir l’indépendance, l’intégrité et la sécurité des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.
Zephyrin Amboka Pengume
