À Kinshasa, la montée vertigineuse de l’insécurité n’est plus un simple sujet d’inquiétude : elle est devenue un symptôme criant de l’affaiblissement de l’autorité publique. Enlèvements, braquages à répétition, banditisme urbain dit « Kuluna » et criminalité de rue s’imposent désormais comme un quotidien dans plusieurs communes de la capitale de la République démocratique du Congo.

Malgré les annonces officielles et les opérations de sécurité successives, la population continue de vivre sous la menace permanente d’individus qui semblent évoluer avec une impunité déconcertante.

L’impression d’un contrôle sécuritaire défaillant s’installe et se renforce, jour après jour. Dans ce contexte tendu, le sénateur Gecoco Mulumba a haussé le ton, mettant en cause frontalement le commandement de la police.

Dans une déclaration sans détour, il dénonce ce qu’il qualifie d’inefficacité structurelle et d’absence d’autorité réelle sur le terrain.

« Ces criminels opèrent comme si la police n’existait pas. Nous avons à la tête de la police un commandement profondément défaillant », a-t-il affirmé, traduisant un sentiment largement partagé dans l’opinion.

Du côté des autorités, le gouvernement, via le ministère de l’Intérieur et Sécurité, continue de brandir l’opération « Ndobo » comme réponse principale à cette insécurité persistante. Des arrestations ont bien été annoncées, notamment après des braquages survenus dans la commune de Barumbu.

Mais ces résultats ponctuels peinent à masquer une réalité plus dérangeante : l’absence de suivi judiciaire rigoureux et la porosité du système répressif.

Le cas d’un suspect arrêté, transféré à l’auditorat militaire puis remis en liberté avant de récidiver, illustre de manière brutale les failles profondes de la chaîne pénale. Au-delà des opérations spectaculaires et des communications officielles, c’est donc toute l’efficacité du dispositif sécuritaire et judiciaire qui est mise en cause.

À Kinshasa, l’État semble courir derrière une criminalité de plus en plus organisée, sans parvenir à reprendre durablement l’ascendant.

Don de Dieu Mbavu