Le tribunal militaire de garnison de Kisangani a frappé fort. Au terme d’un procès hautement sensible, 58 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été condamnés à trois ans de servitude pénale pour manquement aux consignes militaires lors des affrontements contre les rebelles du M23 dans les territoires de Masisi et Walikale.

Au total, 84 soldats comparaissaient devant la justice militaire pour des faits graves, notamment révolte, abandon de position et fuite devant l’ennemi dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Après plusieurs jours d’audiences, la cour a prononcé l’acquittement de 16 militaires, estimant les charges insuffisantes pour établir leur responsabilité pénale. Dix autres prévenus ont, quant à eux, été renvoyés devant le ministère public pour répondre d’accusations liées à la disparition d’armes de guerre, un dossier qui pourrait déboucher sur de nouvelles poursuites.

À travers cette décision, la justice militaire entend envoyer un signal fort aux unités engagées sur les lignes de front, alors que les combats contre le M23 continuent de fragiliser plusieurs zones du Nord-Kivu. Depuis plusieurs mois, les autorités militaires multiplient les mesures disciplinaires afin de renforcer la cohésion et la discipline des troupes déployées dans les zones de conflit.
Du côté de la défense, les avocats des militaires condamnés dénoncent certaines irrégularités dans l’instruction du dossier. S’ils saluent l’acquittement d’une partie des prévenus, ils annoncent néanmoins leur intention de faire appel de plusieurs condamnations prononcées par le tribunal.

Au-delà du verdict, cette affaire remet en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les soldats engagés dans l’Est du pays : manque d’équipements, faiblesse du soutien logistique, pression psychologique sur le terrain et complexité des opérations militaires face aux groupes armés actifs dans la région.

Don de Dieu Mbavu