Une baleine d’environ 7 mètres de long, 5 mètres de large et pesant entre 7 et 8 tonnes, selon les estimations de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), s’est échouée mercredi 1er Juillet, sur une plage de l’océan Atlantique, à Muanda, dans la province du Kongo Central.
Repéré alors qu’il était encore en vie mais en grande détresse, le cétacé n’a pas survécu. Il est décédé moins de 24 heures après son échouage, malgré les préparatifs engagés par les équipes de l’ICCN pour tenter de le remettre à l’eau.
« L’océan rejette généralement des animaux déjà morts ou dans un état critique, incapables de respirer normalement », explique DeDieu Byaombe, chef de l’antenne de l’ICCN à Muanda.
Interdiction de l’ICCN ignorée par des riverains
Afin de prévenir tout risque sanitaire et de préserver les éléments susceptibles d’éclairer les circonstances de la mort de l’animal, l’ICCN a interdit à la population de s’approcher de la carcasse.
Cette mesure n’a toutefois pas été respectée. Plusieurs habitants se sont massés sur la plage et ont touché le cétacé, en dépit des consignes de sécurité émises par les autorités environnementales.
Les responsables de l’ICCN rappellent que les mammifères marins échoués peuvent être porteurs d’agents pathogènes présentant un danger pour la santé humaine.
Une opération de récupération confrontée à d’importants défis logistiques
L’évacuation de la baleine demeure particulièrement complexe en raison de son poids exceptionnel.
Les moyens mécaniques mobilisés jusqu’à présent se sont révélés insuffisants.
« Nous ne disposons d’aucune grue capable de soulever une charge de plus de sept tonnes. Perenco nous a prêté une excavatrice et DP World une tractopelle, mais les tentatives ont échoué », détaille De Dieu Byaombe.
Une nouvelle opération est prévue à marée basse avec l’appui de partenaires chinois, dans l’espoir de déplacer la carcasse vers le site retenu pour son inhumation.
Un phénomène déjà observé sur les côtes de Muanda
Selon l’ICCN, il ne s’agit pas d’un cas isolé. Des échouages de baleines ont déjà été enregistrés sur le littoral de Muanda, même si de tels événements restent rares.
Les spécialistes estiment que plusieurs facteurs peuvent expliquer ces échouages, notamment des maladies, la désorientation, les conditions océanographiques ou encore les activités humaines en mer. Les causes exactes du décès de cette baleine feront l’objet d’investigations.
Aucune découpe ni consommation de la viande
Face aux rumeurs évoquant une éventuelle distribution de la viande à la population, l’ICCN se montre catégorique.
« Je vais décevoir ceux qui pensent que cette baleine sera dépecée et sa viande partagée dans les ménages », affirme De Dieu Byaombe.
L’institution rappelle que l’animal appartient à une espèce protégée et qu’il sera enterré conformément aux normes internationales en vigueur.
Une parcelle a déjà été identifiée pour accueillir la dépouille. Le site sera sécurisé par des éco-gardes afin d’empêcher toute tentative de récupération illégale de la carcasse.
Les analyses qui seront menées après l’inhumation devraient permettre de déterminer avec précision les causes de la mort de ce mammifère marin et de mieux documenter ce nouvel échouage sur les côtes congolaises.
Don de Dieu Mbavu
