La juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay a remporté le prix Nobel de la paix 2026. Cette distinction récompense son engagement de longue date en faveur des droits humains, de la paix et du respect du droit international. L’annonce a été faite le 9 octobre par le Comité Nobel norvégien.

Âgée de 85 ans, Navi Pillay a consacré une grande partie de sa carrière à la défense des personnes victimes de discriminations et de violations graves de leurs droits. Née en 1941 à Durban, en Afrique du Sud, elle a grandi sous le régime de l’apartheid, marqué par la ségrégation raciale.

Son parcours professionnel s’est progressivement imposé dans le domaine de la justice. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal, aujourd’hui appelée KwaZulu-Natal. Elle défend alors plusieurs militants opposés à l’apartheid et s’engage pour les droits des prisonniers politiques.

Sa carrière prend une dimension internationale en 1995, lorsqu’elle rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda, chargé de juger les responsables du génocide de 1994. Elle en devient par la suite la présidente. Durant cette période, elle contribue à l’évolution du droit pénal international, notamment à travers la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme actes pouvant constituer un génocide, sous certaines conditions.

De 2003 à 2008, elle exerce comme juge à la Cour pénale internationale. Elle est ensuite nommée Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, fonction qu’elle occupe de 2008 à 2014. À ce poste, elle plaide notamment pour la protection des populations vulnérables, l’égalité et la lutte contre l’impunité.

Plus récemment, Navi Pillay a présidé une commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, de 2021 à 2025. Elle a également participé, en qualité de juge ad hoc à la Cour internationale de justice, à l’affaire opposant la Gambie au Myanmar concernant l’application de la Convention sur le génocide.

En lui attribuant le prix Nobel de la paix 2026, le Comité Nobel norvégien a salué ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international, ainsi que sa contribution à la lutte contre l’impunité pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide.

Gires Kasongo