Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a relancé avec vigueur le débat sensible sur la révision de la Constitution en République démocratique du Congo, remettant au centre de l’actualité une question aux implications politiques majeures.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique ce mercredi 8 avril, il a défendu sans ambages la nécessité d’adapter le texte fondamental aux réalités actuelles du pays, marquées par des défis sécuritaires, institutionnels et politiques persistants.
« Il n’y a que la Bible qu’on ne peut pas toucher », a-t-il affirmé, dans une formule choc, assumant pleinement l’idée d’une relecture de certaines dispositions constitutionnelles jugées obsolètes ou inadaptées.
Parmi les points soulevés, Augustin Kabuya a particulièrement insisté sur l’article 85 relatif à l’état de siège, estimant que certaines de ses dispositions pourraient entraver l’efficacité de l’action gouvernementale dans un contexte de crise.
Selon lui, l’évolution du contexte sécuritaire et politique impose une réflexion approfondie sur les mécanismes institutionnels afin de garantir une gouvernance plus souple et plus efficace.
Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement des résolutions adoptées lors des états généraux de l’UDPS en décembre 2024, qui avaient déjà ouvert la voie à une réflexion sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
S’agissant de la question hautement sensible d’un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, le secrétaire général du parti présidentiel adopte une posture prudente, évitant toute affirmation directe.
« Je n’ai jamais évoqué cette hypothèse avec le chef de l’État », a-t-il précisé, tout en laissant entrevoir une possibilité fondée sur la souveraineté populaire.
« Si le peuple congolais décide que Tshisekedi doit continuer, qui suis-je pour m’y opposer ? », a-t-il déclaré, relançant ainsi les spéculations sur une éventuelle évolution du cadre constitutionnel.
À Kinshasa, ces propos suscitent déjà de vives réactions, tant au sein de la classe politique que de l’opinion publique, dans un contexte où la question de la limitation des mandats reste un sujet particulièrement sensible et structurant du débat démocratique.
Don de Dieu Mbavu
