Combien sont-ils à ce jour les pêcheurs r-dcongolais enlevés en plein lac Albert, côté R-dC, par la marine ougandaise? Des milliers sans doute. Au15 octobre 2019, quelque 514 pêcheurs r-dcongolais nommément identifiés par leurs proches, croupissaient dans les geôles ougandaises au motif d’avoir pêché dans la partie ougandaise du lac Albert. La dernière rafle opérée, début mars, par des marins ougandais s’est soldée par une centaine des pirogues motorisées arrachées et des centaines d’arrestations.

Certains observateurs redoutent que ces pêcheurs enlevés ne soient stipendiés pour constituer, plus tard, le noyau d’une milice ou d’un groupe armé comme il en champignonne dans la région. Il y a encore quelques un groupe dit Maï-Maï s’est constitué dans la localité de Vitshumbi, très portée à la pêche. Ces miliciens ont occupé de nombreux petits ports de pêche de la région et imposé une taxe de 150 dollars par chaque pirogue de pêche. Pourchassés par les FARDC, ils se sont retranchés de l’autre côté du lac, donc en Ouganda. Pourtant la frontière entre la RDC et l’Ouganda est limitée au micromètre près par des experts internationaux acceptés par les deux parties.

KAMPALA MONTE DES CHINOISERIES

La R-dC s’est, en effet, dotée d’une Commission permanente des frontières, un service à part entière qui devrait être doté, selon le budget 2021, des équipements et matériels roulants de démarcation de la frontière RDC – Ouganda ainsi que des appareils des mesures pour près de 120.000 dollars. Environ 50.000 dollars sont prévus pour la reconstitution des lignes de démarcation de la frontière entre RDC avec ses 9 voisins dont l’Angola et l’Ouganda qui doivent naturellement apporter leurs contributions. Pas si sûr, la R-dC a dû, en effet, débourser plus de 80.000 dollars, pour payer la quote-part de Kampala qui montait, sans succès, des chinoiseries administratives pour renvoyer sine l’opération de délimitation des frontières. Kampala fait également du surplace dans le projet de gestion intégrée de la pêcherie en ressources en eaux lacustres (Albert et Edouard) et assisté la R-dC et l’Ouganda pour entreprendre le balisage, la sécurisation de deux lacs avec leur zone de frayère ainsi que leur délimitation. Ce projet est financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 8 millions de dollars dont 700 000 dollars consacrés à l’étude des poissons en vue de prévenir toute extinction d’une espèce ou d’une autre parmi les ressources halieutiques du lac Albert qui fut aussi appelé «Mobutu».

L’ACCOLADE DE LUANDA.

Sur la côte atlantique, par contre, l’Angola et la R-dC ont résolu de trancher le différend sur le plateau continental de manière plutôt civilisée, à travers des missions conjointes. Depuis l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi, l’entreprise chinoise de droit r-dcongolais, Bosa, qui a repris les activités abandonnées par les Pêcheries maritimes du Zaïre (PEMARZA) devenues SOCOPE, cingle plutôt en toute quiétude. Plus d’arraisonnement par la marine angolaise de ses chalutiers, fabriqués avec du bois de Mayombe. A Muanda, par ailleurs, il se rapporte que d’après certains marions angolais, l’arraisonnement des chalutiers de Bosa aurait été commandité, depuis Kinshasa, par des importateurs libanais et indopakistanais des surgelés. Les mêmes qui ont contraint Damseaux à mettre la clé sous le paillasson à la suite d’une concurrence déloyale à outrance. Toutefois l’Angola a reproché à la R-dC d’avoir unilatéralement confectionné et présenté à l’Onu, en 2012, une carte du plateau continental, plus de 400 km partant de la côte à la haute-mer alors que la R-dC n’a à peine que 37 km de côte. Luanda a encore déploré le fait que l’Etat r-dcongolais s’est fait substituer par un particulier dans les négociations sur le partage de la production pétrolière dans la zone mitoyenne. Ce n’est plus que du jadis. Un nouvel ordre politique, plus judicieux, règne à Kinshasa. Quant au pétrole du lac Albert, Kampala a préféré faire cavalier solitaire. Petroleum Authority of Uganda annonce une production de 60.000 barils/ jour. L’Ouganda a été condamné par La Haye à verser 10 milliards de dollars de DI à la R-dC pour ses menées subversives dans l’est r-dcongolais entre 1998 et 2003. Kampala fait, par ailleurs, pression sur Kinshasa, d’accepter le retour des anciens hors-la-loi du M23.

POLD LEVI MAWEJA