Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a livré une analyse sans complaisance de l’état du système judiciaire congolais à l’issue de sa mission à Kisangani, tout en affichant une volonté résolue d’engager des réformes profondes et durables pour restaurer l’autorité et la crédibilité de la justice.
S’exprimant le vendredi 10 avril sur Top Congo FM, il a insisté sur la nécessité impérieuse de rétablir la confiance des citoyens, à travers une gouvernance judiciaire fondée sur la transparence, la redevabilité et l’efficacité opérationnelle.
Parmi les décisions fortes annoncées, figure la suspension immédiate du processus d’indemnisation du FRIVAO, à la suite d’irrégularités majeures constatées dans les listes des bénéficiaires. Sur les 194 millions USD déjà décaissés, seuls 28 millions ont été effectivement utilisés.
Une situation jugée préoccupante, qui a conduit à l’ouverture d’un audit indépendant, rigoureux et complet, préalable indispensable à toute reprise des paiements.
Dans le même élan, le ministre a dévoilé plusieurs projets structurants, dont la réhabilitation du collège Maele à Kisangani, financée à hauteur de 2,5 millions USD. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation et de mise à niveau des infrastructures publiques, au service d’un système judiciaire plus fonctionnel.
Confronté à des défis structurels persistants notamment l’insuffisance des moyens, la lenteur des procédures et les pratiques de corruption Guillaume Ngefa a plaidé pour des actions concrètes et ciblées : construction de nouveaux tribunaux de paix, amélioration significative des conditions carcérales et renforcement de la collaboration avec le Conseil supérieur de la magistrature.
Enfin, il a réaffirmé la détermination sans faille du gouvernement à traquer et sanctionner tous les auteurs d’infractions, sans distinction, y compris les ressortissants étrangers.
Il a également appelé à un encadrement responsable de la liberté d’expression, dans le strict respect des lois de la République, afin de concilier droits fondamentaux et impératif d’ordre public.
Don de Dieu Mbavu
