La Société civile patriotique du Congo a exhorté, jeudi 20 août, la Première ministre Judith Suminwa à préserver le patrimoine immobilier de l’État, notamment les infrastructures dédiées aux femmes et aux enfants.

Dans un message adressé à la cheffe du gouvernement, le coordonnateur de la Société civile patriotique du Congo et ambassadeur de la masculinité positive, Joseph Gode Kayembe, alerte les autorités sur ce qu’il qualifie de tentative de spoliation d’infrastructures dédiées aux femmes et aux enfants. Il cite notamment la concession abritant le secrétariat général du ministère du Genre, Famille et Enfant, dont la gestion impliquerait, selon lui, la Première ministre.

« Nous avons appris avec étonnement que vous auriez autorisé le ministère du Genre, Famille et Enfant à rechercher un partenaire privé susceptible d’ériger un immeuble dans lequel deux ou trois niveaux seraient consacrés aux services de l’administration », peut-on lire dans cette correspondance.

Dans un ton ferme, Joseph Gode Kayembe demande à la Première ministre de surseoir à ces instructions, estimant qu’elles pourraient conduire à la spoliation d’un espace destiné aux intérêts des femmes et des enfants au profit d’opérateurs privés. Il juge cette situation « alarmante et trop risquée ».

La Société civile patriotique exprime également son inquiétude face à la disparition progressive, selon elle, du patrimoine immobilier de l’État. Elle s’interroge sur la capacité à construire un État fort et durable si ces biens continuent de disparaître.

Tout en précisant qu’elle ne rejette pas le principe des partenariats public-privé lorsqu’ils servent l’intérêt général, l’organisation estime que certaines infrastructures doivent rester durablement dans le patrimoine de l’État.

Joseph Gode Kayembe appelle enfin les autorités compétentes à se pencher rapidement sur ce dossier afin d’éviter, selon lui, une « énième spoliation des biens immobiliers » de l’État, qu’il considère comme un facteur de paupérisation de l’État congolais et un risque de retour à la « zaïrianisation » de triste mémoire.

Faustin Kalenga