Les leaders de la Société civile patriotique du Congo ont dénoncé, mardi 15 juillet, ce qu’ils qualifient de « tentative de moralisation de la sexualité en milieu scolaire en faveur des mineurs », en réaction à la décision du Secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale demandant aux responsables d’établissements scolaires de ne pas exclure les filles enceintes de l’école.
Ils estiment qu’il est essentiel, dans la quête d’une éducation juste et inclusive, de « s’opposer fermement à toute idéologie qui justifierait la présence ou la tolérance de la grossesse chez les élèves comme une preuve de maturité ou un signe de responsabilité ».
Selon ces acteurs de la société civile, cette vision, déjà soutenue par certains leaders dans le passé, est erronée. La grossesse précoce en milieu scolaire n’est ni un indicateur de maturité, ni un signe de développement. Elle représente plutôt « un signal d’alerte sur des réalités préoccupantes telles que le manque d’éducation sexuelle, l’insuffisance de suivi parental, et parfois même des cas d’abus ou de négligence », peut-on lire dans une dépêche transmise à notre rédaction.
Par ailleurs, les leaders relèvent plusieurs conséquences néfastes de la grossesse en milieu scolaire, notamment :
L’interruption du parcours scolaire : les jeunes filles enceintes sont souvent contraintes d’abandonner leurs études, ce qui compromet gravement leur avenir personnel et professionnel ;
La stigmatisation et l’isolement : elles sont fréquemment victimes de rejet ou d’humiliation, générant des traumatismes psychologiques durables ;
L’aggravation des inégalités sociales : ces situations perpétuent le cercle vicieux de la pauvreté et limitent leur autonomie économique ;
La perturbation de l’environnement scolaire : l’attention des élèves peut être détournée des objectifs pédagogiques, créant une atmosphère conflictuelle.
Pour ces raisons, les leaders plaident en faveur de la promotion d’une culture de prévention, de responsabilité partagée, et de réinsertion scolaire adaptée, dans le respect de la dignité de chaque élève.
Ils concluent en soulignant que l’institution scolaire doit demeurer un espace protégé, propice à l’épanouissement intellectuel et moral de tous les élèves, sans être affecté par des réalités précoces qui compromettent leur potentiel.
Faustin Kalenga
